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Abbaye de Noirlac

Abbaye de Noirlac

Dans le Cher, à 40 km au sud de Bourges, voici une abbaye cistercienne construite à partir du XIIe siècle dans un lieu alors loin de tout, propice à la méditation et à la prière. Cette abbaye est entièrement close par son double mur et  la délimitation de ses terres, par une colline et une rivière. Nous avons la chance, aujourd'hui encore, de pouvoir admirer un ensemble monastique quasi complet qui nous plonge dans la tranquillité et la quiétude le temps d'une visite.

 

Abbaye de Noirlac
Abbaye de Noirlac

Remarquez l'architecture épurée de l'abbatiale cistercienne, ici aucun bas ou haut-relief. Rien ne doit attirer l’œil des moines et les distraire de la prière et des saintes lectures.

Abbaye de Noirlac

 

Derrière l’arc-boutant, les restes d’un mur d’enceinte.

Abbaye de Noirlac
Abbaye de Noirlac

La nef et le chœur. baignent dans la lumière apportée par les hautes fenêtres.

Abbaye de Noirlac
Abbaye de Noirlac
Abbaye de Noirlac
Abbaye de Noirlac

Le cloître

Abbaye de Noirlac
Abbaye de Noirlac

Le réfectoire

Abbaye de Noirlac

Côté jardin, le dortoir des moines, transformé en confortables « suites ». Ne dirait-on pas un château plutôt qu’un édifice religieux ? Remarquez les deux hautes cheminées rondes à gauche (celles du chauffoir et de la cuisine), les seules à l'origine. Les autres ont été ajoutées beaucoup plus tard.

Abbaye de Noirlac

La salle capitulaire où se lisait la Règle du chapitre.

Abbaye de Noirlac

Le dortoir des frères convers (pas encore moine)

Abbaye de Noirlac

Vestige de l'époque des fortifications, une ancienne tour de guet dominait un pont levis.

Un peu d'histoire

La journée des moines suit un rythme qui varie peu au fil de l’année, elle commence au cœur de la nuit, à deux heures par les « mâtines », suivent : messe, lecture de texte, travail nécessaire à la vie de la communauté, repas de midi, méditation, prière, travail… légère collation puis coucher à dix-neuf heures. Point de luxe, le juste nécessaire, c’est aussi le reflet de l’architecture des lieux, simple, solide, pure et magnifique.

Au XIIIe siècle, le domaine agrandi grâce aux donations, apporte alors des revenus indirects par la perception d’impôts, ce qui modifient les règles rigoureuses de la vie des moines.

Au XIVe, nommée jusqu’alors, Notre-Dame de la Maison-Dieu-sur-Cher, l'abbaye prend le nom de Noirlac. A cette époque, pour se défendre de l’invasion anglaise, les moines reçoivent l’autorisation de la fortifier, ils creusent des douves en eau, édifient un donjon…

Peu à peu, au contact de l’extérieur, la Règle de vie monastique stricte est abandonnée, la communauté se résume à quatre moines au XVIIe. Les bâtiments ne sont plus entretenus , les pillages de la guerre de Religion les ruinent d’avantage encore.

Au XVIIIe, la reconstruction achève de transformer les lieux qui deviennent plus ouverts. On perce des fenêtres, on transforme le dortoir en plusieurs appartements, la vie des moines est plus confortable, on oublie l’ascétisme de la Règle cistercienne. L’abbaye qui s’ouvre désormais sur un vaste jardin ressemble d’avantage à un petit château. Les fortifications sont rasées, les fossés, auparavant, bassin « piscicole » sont comblés, les bois environnants qui l'isolaient du monde sont abattus pour financer les travaux.

Arrive la Révolution, en 1791, l’abbaye est vendue comme bien national.

Au XIXe, l’abbaye devient manufacture de porcelaine, des fours prennent place dans la nef de l’église… Classée fin XIXe, rachetée par le département du Cher en 1909, l’abbaye est au fil du temps restaurée, elle échappe de peu à la ruine totale.

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