En couverture d'article, je choisis le joli point de vue sur le lac de la Liez, à la tombée de la nuit.
Nous voici en balade en Haute-Marne dans une ville fortifiée connue pour être l'une des plus froide de France, (hors des zones de montagne), la ville d'un petit fromage à la croûte orange, la ville que l'on associe aux sources de la Seine. Pour ce dernier point, je tiens à préciser que la Seine ne prend pas sa source à Langres, mais, sur le plateau de Langres.
Pour ma part, c'est une ville associée à des souvenirs d'enfance... Je suis ravie de la redécouvrir et de vous la faire visiter. Vous allez voir que la ville foisonne de monuments : fortifications avec tours et portes, églises, hôtels particuliers, anciens établissements religieux (sous l'Ancien Régime, huit ordres étaient présents à Langres)... Nous y visiterons également un musée que je vous présenterai lors d'un prochain article.
Nous commençons notre balade en suivant le tracé de l'ancien chemin de ronde derrière les fortifications et arrivons à la tour Saint-Ferjeux.
"Cette tour porte le nom d'un prieuré situé sur l'actuelle place Saint-Ferjeux démoli en 1673. Elle a remplacé une première tour édifiée au milieu du XIVe, carrée, aux dimensions modestes, elle se révéla inadaptée au progrès grandissant de l'artillerie.
Fin XVe, cet ouvrage fut arasé pour laisser place à une tour d'artillerie cylindrique. Première de ce type à avoir été construite à Langres, son parti est radicalement différent. Ses murs sont très épais (jusqu'à 6 m), les deux salles voûtées sont équipées de huit casemates de tir et la terrasse sommitale accueillait des canons de gros calibre destinés à protéger le flanc Sud des fortifications.
Cette tour fut restaurée en 1844 par le Génie militaire qui reconstruisit le parapet et modifia le parement en remplaçant les bossages défectueux"
Texte panneau de la ville
Monumentale, voici la Porte des moulins et son pavillon de l'octroi.
"Cette porte doit son nom aux anciens moulins qui se trouvaient à l'extérieur des fortifications afin de profiter du vent le "bel air" qui a donné son nom à la place. Elle fait partie des fortifications bastionnées construites entre 1642 et 1647 au sud de l'enceinte urbaine.
Le décor guerrier évoque le dénouement victorieux qui s'annonçait alors que la France, est engagée dans la guerre de Trente ans contre l'Espagne. Trophées d'armes, casques empanachés et ennemis enchaînés font de cette porte, un monument à la gloire des victoires de la royauté, une sorte de porte triomphale évoquant les lointains arcs de triomphe romains. Martelées à la Révolution, les armoiries du souverain, étaient placées au centre du fronton.
Initialement dotée d'une porte charretière encadrée de deux accès piétons, elles fut transformée en 1855 par le Génie militaire qui y substitua deux passages charretier et supprima les ponts levis."
Texte panneau de la ville.
Un monument gallo-romain.
"Monument historique bâti vers les années 20 avant J.C. cet arc s’est trouvé incorporé dans les premières fortifications à la fin du IIIe siècle.
Une trentaine d'années après la conquête de la Gaule par Jules César, cet arc monumentalisait le principal accès d’Andematunnum – la Langres antique – du côté ouest. Orienté de telle manière que la voie venant de Reims pénètre directement dans la cité, c’est le plus ancien édifice langrois conservé. Inadapté à une mise en défense efficace, la porte de l’Hôtel de Ville, le remplaça dans cette fonction.
En raison de son angle saillant sur l’enceinte, il fut transformé en tour couverte, équipé d’un corps de garde et d’embrasures de tirs percées dans la frise.
Jusqu’au milieu du XIXe siècle, une bâtisse s’appuyait contre l’arc. A l’instar des autres parties de l’enceinte, le Génie militaire expropria définitivement ces maisons lors des travaux de restauration qui occasionnèrent le rétablissement de la corniche couronnant l’édifice."
Texte panneau de la ville
Au détour d'une rue l'ancienne chapelle des Oratoriens (1676) transformée en théâtre en 1838.
" En 1616, l'évêque Sébastien Zamet fait appel à la congrégation des Oratoriens pour diriger son séminaire et y former les prêtres du diocèse. Le prélat concède aux nouveaux venus, terrains et bâtiments de l'ancien prieuré Saint-Amâtre situé dans la partie Sud de sa cité. La chapelle ne voit le jour qu'en 1676. Sobre dans ses dimensions, son plan et son décor, sa porte d'entrée est encadrée par un portique d'ordre ionique surmonté d'un fronton.
Désaffectée à la Révolution, la chapelle est transformée en salle de spectacle en 1838. Le décor extérieur témoigne de cette nouvelle destination : masqués, partitions et instruments de musique prennent place sur le fronton. Entièrement rénové en 2000, le théâtre offre une capacité de 250 places."
Texte panneau de la ville
Quelques points de vue découverts au fil de notre balade sur le parcours de l'ancien chemin de ronde.
C'est ainsi que nous apercevons sur un minuscule coteau en forme de mamelon, émergeant à peine au milieu des arbres, la chapelle Notre-Dame de la Délivrance, surmontée d'une statue, construite fin XIXe après la guerre de 1870.
Internet me permet de vous en donner quelques images supplémentaires trouvées sur le site
http://www2.cr-champagne-ardenne.fr/edifices_religieux_52/IA52001594.html
Nous n'avons malheureusement pas accès aux salles voûtées de cette tour.
L'église Saint-Martin et sur son parvis transformé en parking, une statue de Jeanne d'Arc.
"Cette statue de Jeanne d'Arc n'est pas la première sur la place Jenson devant l'église Saint Martin. La précédente, à l'allure plus guerrière, a été fondue le 31 mars 1942 par l'armée allemande. La statue actuelle, plus pacifique, a été installé le 8 mai 1955. Elle est l’œuvre du sculpteur Félix Joffre. C'est une Jeanne d'Arc accompagnée de quatre étapes de sa vie qui est proposée : à Domrémy, au service du Dauphin, vers Chinon et à Vaucouleurs."
Source petit-patrimoine fiche 52269-10
Une remarquable maison Renaissance.
Elle est en partie ouverte au public, son jardin offre une vue imprenable sur les tours de la cathédrale.
La cathédrale
La chapelle Sainte-Croix
La nef
Un imposant édifice qui abrite l'administration des finances publiques attire notre attention.
"En 1201, le chapitre affecte une de ses maisons au soin et à l'accueil des pauvres et des malades : il fonde l'hôpital Saint-Mammès (devenu plus tard Saint-Laurent). Ce fut le premier bâtiment de ce type dans la ville. Il fur entièrement reconstruit de 1769 à 1775 afin d'augmenter sa capacité à 22 lits. Visible depuis le square Henryot, l'accès à sa chapelle s'effectuait par un escalier à deux montées, dont la porte, aujourd'hui murée est surmontée d'une niche. Décorée par Antoine Besançon, elle est habitée par une statue de Saint-Laurent. Réservé en principe aux habitants des terres du chapitre ainsi qu'aux langrois cet hôpital accueillait également beaucoup de militaires. A la révolution, sa gestion fut retirée aux chanoines et confiée aux hospices civiles de la ville. Depuis 1957, le bâtiment est occupé par les services des impôts."
Extrait du site de l'office du tourisme.
De grands portails isolent des hôtel particuliers construits entre le XVI et XVIIIe.
Arc gallo-romain
"Monument historique bâti vers les années 20 avant J.C. cet arc s’est trouvé incorporé dans les premières fortifications à la fin du IIIe siècle.
Une trentaine d'années après la conquête de la Gaule par Jules César, cet arc monumentalisait le principal accès d’Andematunnum – la Langres antique – du côté ouest. Orienté de telle manière que la voie venant de Reims pénètre directement dans la cité, c’est le plus ancien édifice langrois conservé. Inadapté à une mise en défense efficace, la porte de l’Hôtel de Ville, le remplaça dans cette fonction.
En raison de son angle saillant sur l’enceinte, il fut transformé en tour couverte, équipé d’un corps de garde et d’embrasures de tirs percées dans la frise.
Jusqu’au milieu du XIXe siècle, une bâtisse s’appuyait contre l’arc. A l’instar des autres parties de l’enceinte, le Génie militaire expropria définitivement ces maisons lors des travaux de restauration qui occasionnèrent le rétablissement de la corniche couronnant l’édifice."
Texte panneau de la ville
Portes, tours du XVe et XVIe
Une porte en pleine restauration
Il est remplacé, de nos jours, par un funiculaire beaucoup plus moderne
Sous la coupole de l'ancien hôpital, un observatoire.
"En 1638, deux ans après la grande épidémie de peste, Monseigneur Sébastien Zamet, Évêque de Langres, fonde la Confrérie de la Charité pour s'occuper des malades. Il installer hôpital à l'emplacement du vieux collège de la ville alors abandonné.
L'incendie de 1770 ravage complètement les bâtiments ce qui permet de reconstruire un édifice fonctionnel, ouvert et enveloppant alors que les constructions de Langres sont plutôt rectilignes et cachées par de grands murs et portes pleines. C'est l'architecte Nicolas Durand (...) qui dessine les plans. La chapelle centre du bâtiment de chaque côté de laquelle se trouvent les espaces de soins. A gauche de la chapelle, au nord, la partie réservée à la chirurgie et au sud la partie médicale.
Le premier étage (salle basse) est réservée aux hommes et le deuxième (salle haute) aux femmes.
la chapelle est centrale car l'hôpital a non d=seulement une mission de soin pour les corps mais aussi pour les âmes. les malades devaient pouvoir entendre les différents offices religieux depuis leurs lits."
Source http://www.poledesantelangrois.fr:spip.php?article89
Un peu d'histoire
Époque gallo-romaine
Des gaulois occupèrent de bonne heure l’éperon langrois dominant les vallées de la Marne et de la Bonnelle à 475 m d’altitude. A la suite de la conquête de la Gaule en 52 avant Jésus-Christ, les Romains donnèrent à la ville sa première vocation stratégique. La cité capitale des Lingons, nommée Andematunnum est alors à la tête d’un vaste territoire et constitue le carrefour de nombreuses voies de communication. De cette époque subsiste un arc monumental qui marquait l’accès Ouest de la cité. Mais l’essentiel de nos connaissances réside dans l’examen des collections lapidaires, plus de 500 blocs répertoriés, et dans les découvertes apportées par l’archéologie contemporaine : mosaïque de Bacchus, stèles funéraires. Au IVe siècle, sous les temps troublés du Bas-Empire, Langres voit apparaître ses premières fortifications au Nord et devient le siège d’un important évêché.
Moyen-Age
Aux XIIIe et XIVe siècles, les murailles s’adaptent à la croissance de la ville, englobant les nouveaux quartiers qui se sont étendus vers le Sud. Jusqu’à la Révolution, la cité va se développer sous l’impulsion des échevins, et des évêques aux vastes pouvoirs qui gouvernent le diocèse. Aux confins du Royaume de France, la ville devient une puissante place forte royale au XVe siècle, faisant ainsi face à la Bourgogne, la Franche-Comté et la Lorraine.
Renaissance
De cette époque, véritable explosion des arts, la ville conserve de beaux vestiges architecturaux, probablement dus à la présence de nombreux antiques qui n’ont pas manqué d’inspirer les contemporains.
Le Cardinal de Givry, évêque de 1529 à 1561, fut la figure épiscopale marquante de cette période. Grand mécène, il favorisa le développement de l’art nouveau chez ses proches et dans la ville. Ainsi la cité s’embellit parallèlement au renforcement de ses fortifications rendu nécessaire par les progrès de l’artillerie.
Les XVIIe - XVIIIe siècles
L’occupation de la Lorraine (1670-1698) et l’intégration de la Franche-Comté (1678) procurèrent une paix durable, mais sonna le glas de la place forte langroise. La création en 1731 du diocèse de Dijon aux dépens de celui de Langres, contribua au déclin de la ville qui vit alors sa population stagner.
Malgré tout, le rôle important d'évêques prestigieux tel que Sébastien Zamet entraîna l’implantation de nombreux couvents à Langres ; ils vinrent compléter l'effectif important des congrégations religieuses déjà installées et générèrent une forte émulation artistique.
Au XIXe siècle
Intégrée au sein du système défensif de l’Est de la France, Langres est classée place forte de première catégorie en 1840. Elle retrouve ainsi son ancienne vocation défensive. De grands travaux sont réalisés par le Génie : construction d’une vaste citadelle au Sud de la cité, restauration de l’enceinte urbaine et construction de forts et d’ouvrages détachés dans un rayon de 13 km.
Le XXe siècle
L’ouverture de la ligne Paris-Mulhouse en 1858 et du canal de la Marne à la Saône en 1907 ne relancèrent pas l’économie et la démographie. Les tendances ne seront bousculées qu’au milieu des années 1950 avec l’implantation d’importantes unités industrielles créatrices d’emplois. La ville sortit alors de ses remparts en créant de nouveaux quartiers vers le sud.
Langres est aujourd’hui une ville de 7900 habitants, sous-préfecture du département de la Haute-Marne. Souvent menacée, quelquefois assiégée mais jamais prise, elle a su, dans son architecture civile, militaire et religieuse, conserver jalousement les traces de ce long passé.
Extrait du site de l'office du tourisme