Par Sylviemojo
Nous voici, pour clore cette journée dans le chablisien, à Chablis même, une ville plus importante que les villages précédents, entourée, de vignobles et riche d'un joli patrimoine.
Vous n'en aurez qu'un petit aperçu ici, mais vous pouvez retrouver d'autres images de Chablis prise lors de notre balade du 1er novembre 2014. http://www.lesbaladesdegiletsy.fr/2016/12/chablis-yonne.html
"La Ruelle à feu", un passage qui était primordial pour le village avant la création du corps des sapeurs pompiers.
Ce passage, reliant la rue des Moulins au quai du Bief, a été rénové et rouvert en 2008. Il était emprunté par les habitants faisant la chaîne avec leurs seaux en cas d’incendie. Il fut sans doute utilisé à cette fin pour la dernière fois à l’occasion du bombardement allemand de juin 1940 relaté dans le livre de Louis Bro et Michel Moreau, "Chablis, porte d’or de la Bourgogne" : "Il faudrait remonter à février 1568, quand les huguenots brûlaient Chablis, pour retrouver dans les annales locales un désastre semblable à celui de juin 1940."
Les incendies s'allument en tous points et couvrent immédiatement la ville d'une épaisse fumée … Le lendemain, pendant que les vainqueurs pillaient les magasins d'alimentation et d'habillement, les survivants, jeunes et vieux, restés sur place s'efforçaient d'éteindre avec leurs faibles moyens les foyers d'incendie.
Mais la conduite principale d'amenée d'eau de la ville avait été crevée près du pont, les pompiers étaient partis ou blessés, les villes voisines de Tonnerre et d'Auxerre, elles-mêmes bombardées et incendiées, ne pouvaient envoyer de secours. Il fallait faire la chaîne depuis la rivière et l'on put voir le désolant spectacle de certaines maisons brûlant pendant cinq jours sans parvenir à éteindre le fléau."
Petit patrimoine N°89068 3 http://www.petit-patrimoine.com/fiche-petit-patrimoine.php?id_pp=89068_3
La Collégiale Saint-Martin
" Construite au début du XIIIe siècle, l'église s'inspire en grande partie de la cathédrale de Sens. Les restaurations successives n'ont guère modifié son aspect général, à l'exception du clocher, édifié en 1852, et dont la flèche s'élève à 50 mètres.
La porte sud, de style roman, possède un tympan orné d'une croix fleurdelisée entourée de deux animaux fantastiques.
Les pentures mutilées sont du XIIIe siècle.
Les vantaux sont recouverts de fers à cheval posés par des pèlerins implorant la guérison de leurs montures (certains de ces fers ont appartenu à des animaux infirmes). Ceux-ci demandaient ainsi la protection de Saint-Martin qui était à l'époque le Saint patron des cavaliers. "
Extrait de http://www.tourisme-chablis.fr/tourisme/chablis/collegiale-saint-martin-a-chablis/5/
Près de la collégiale, ce bel édifice, l'Obédiencerie, nous arrête. Hélas, pour la visiter il faut prendre rendez-vous...
L’Obédiencerie est un grand bâtiment du XVe siècle situé rue de l’Église, à côté du chevet de la collégiale Saint Martin. C’était la résidence de l’Obédiencier, religieux qui administre par ordre de son supérieur, un bénéfice dont il n’est pas titulaire.
Elle a été bâtie "sur l’emplacement probable de l’ancien monastère dédié à Saint Loup au 6e siècle. Ses fondations contiennent un caveau, orienté dans l’axe même de la collégiale, qui aurait reçu, selon la tradition locale, les restes de Saint Martin, de 877 à 887, quand les Normands menaçaient la Touraine."
Le pressoir à levier du XIIIe siècle, dit également à abattage, est abrité dans l’une des salles. "C’est l’un des mieux conservés de toute la Bourgogne." Il fonctionne, chaque année, au cours d’une manifestation unique réservée à un public d’invités.
(...)Renseignements et citations issus du livre de Louis Bro et Michel Moreau : "Chablis, Porte d’or de la Bourgogne."
Petit patrimoine N°89068 http://www.petit-patrimoine.com/fiche-petit-patrimoine.php?id_pp=89068_15
Pressoir à levier du XIIIe de l'Obédiencerie (photos du site cité ci-dessus)
Nos rencontres félines
Un peu d'histoire
" Les origines connues de Chablis remontent au IIe siècle avant J.C., époque à laquelle il existait un village gaulois à l'entrée sud de la ville actuelle. Les premières vignes furent vraisemblablement plantées au 1er siècle après J.C. mais elles se sont réellement développées à partir du IIIe siècle sous l'impulsion de l'empereur romain Probus (276 - 282).
En 510 fût fondé à l'emplacement actuel de la collégiale Saint Martin un monastère dédié à Saint-Loup par Sigismond, premier roi chrétien des Burgondes.
Au VIIIe siècle, le bourg de Chablis et le monastère de Saint-Loup sont la propriété de Charles Martel et de ses successeurs.
En 854, les moines de Tours, fuyant l'invasion des Vikings, se réfugient à l'Abbaye Saint-Germain d'Auxerre avec les reliques de leur patron, Saint-Martin. En 867, Charles le Chauve donne aux moines de Tours le bourg de Chablis et le monastère de Saint-Loup, où ils viendront dix ans plus tard abriter les reliques de Saint Martin. Le vignoble va réellement se développer sous l'impulsion des moines de l'Abbaye cistercienne de Pontigny, située à une quinzaine de kilomètres de Chablis. Ces moines avaient déjà planté de la vigne près de leur monastère mais les terrains de Pontigny ne convenaient pas très bien à la culture de la vigne. En 1118, ils ont donc conclu avec les moines de Saint-Martin de Tours un accord leur donnant le droit d'exploiter trente six arpents de vignes autour de Chablis (soit environ vingt deux hectares). C'est également à cette époque que les moines cisterciens fondèrent le Clos de Vougeot. (...)
Chablis fit partie du Comté de Champagne jusqu'en 1274. Ensuite, le bourg rentra dans le domaine royal.
En 1328, quatre cent cinquante propriétaires cultivent 1536 arpents de vigne.
Le cinquième privilège d'imprimeur en France fut accordé par Louis XI aux frères Lerouge qui exercèrent leurs talents à Chablis à partir de 1478.
Au XVe siècle, Chablis est à son apogée. Le village se dote de fortifications (vingt neuf tours, trois portes avec pont-levis).
En 1537, sept cent cinquante propriétaires exploitent 1200 arpents de vigne. Cette période de prospérité va prendre fin en février 1568, lorsque les protestants envahissent la ville, la pillent et l'incendient. Le village mettra près de deux siècles à retrouver sa prospérité.
A la Révolution, les meilleures parcelles de vigne, appartenant jusque là au clergé, vont être mises en vente et devenir ainsi accessibles à tous les vignerons.
En 1850, avec 40.000 hectares de vignes et un million d'hectolitres produit annuellement, l'Yonne est le département le plus viticole de France. En 1887, le département est atteint par le phylloxéra. Le vignoble chablisien, entièrement détruit, sera replanté dix ans plus tard grâce aux porte-greffes américains, mais aussi au courage et à la ténacité des vignerons chablisiens.
De 1914 à 1918, de nombreux jeunes vignerons sont morts pour la France. Pendant quatre ans, ce sont les épouses et les mères qui se sont occupées du vignoble. Le 15 juin 1940, le village est bombardé par l'aviation allemande. On dénombre quatre vingt dix morts et beaucoup de dégâts matériels. Une grande partie de la vieille ville sera détruite.
Dès 1919, cinq climats des Grands Crus de Chablis sont mentionnés sur les étiquettes. En 1938, les AOC Chablis et Grands Crus sont définies. En 1967, les Premiers Crus sont classés officiellement par décret de l'I.N.A.O. et c'est en 1943 qu'un décret fixera les modalités de l'AOC Petit Chablis.
Dans les années 70, la culture de la vigne s'est considérablement développée grâce à l'abandon de la polyculture au profit de la viticulture et au perfectionnement des moyens de défense contre les gelées de printemps.
En 1976, Chablis organise la grande Saint-Vincent Tournante de Bourgogne. En 1999, après plusieurs années de préparation, Chablis organise à nouveau la Saint-Vincent. Le Chablis coule à flots et malgré le froid, environ 150.000 personnes sont au rendez-vous. C'est une grande réussite et un moment inoubliable pour tous les participants ...
A ce jour, le vignoble se compose de près de 4000 hectares de vignes en production, dont 475 ha de Petit Chablis, 2678 ha de Chablis, 747 ha de Premiers Crus et 98 ha de Grands Crus. "
Extrait de https://www.jeanpaulbenoit-droin.fr/
Un autre lien, si vous voulez en savoir plus, avec une thèse : Le vin de Chablis: histoire et géographie d’une réputation. http://www.paris-sorbonne.fr/IMG/pdf/ICHIKAWA_Position.pdf
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