Par Sylviemojo
Une balade en Auvergne, pas très loin de Moulins.
L'église romane Saint-Denis est une église toute pimpante, tellement surprenante de couleurs que l'on ne peut que s'arrêter. Malheureusement, nous trouvons porte close et ne pouvons y entrer.
J'ai trouvé, ci-dessous, quelques images sur Internet
" L'église Saint-Denis date de la dernière période romane bourbonnaise. Son architecture rappelle celle de Besson et comme sa voisine, elle témoigne d'une influence bourguignonne. Le clocher carré édifié sur la croisée du transept a subi quelques avaries au cours du temps. A l'intérieur on peut admirer une Vierge à l'Oiseau, originale statue en bois datant du XVe siècle, dernière période romane bourbonnaise et fut restaurée en 1987. La Vierge est représentée avec l’enfant et un oiseau illustrant un épisode des évangiles apocryphes au cours duquel l’enfant Jésus modèle avec de l’argile des ânes, des bœufs et des oiseaux. En soufflant sur les moineaux en terre, il les anime et leur ordonne de venir picorer dans sa main avant de s’envoler. Il s’agirait de son premier miracle
En 1152, l'église faisait partie de la paroisse de l’ancien diocèse de Bourges et dépendait de Souvigny. La nef a trois travées y est effectivement flanquée de bas-côtés et le transept non saillant ouvre sur une abside et deux absidioles en hémicycle. A signaler la belle porte principale en plein cintre surmontée d’une archivolte à trois voussures.
A signaler, à l’intérieur de l’église, l’existence de la vierge à l’oiseau, une originale statue de bois, datant du XVe siècle et restaurée en 1987 avec la participation de communes.
A l'extérieur, cette église n'a conservé d'absolument intacts que sa façade un peu basse, le mur septentrional, et ses absides, dont plusieurs fenêtres ont été malheureusement modifiées au cours des ans et les murs restaurés de nos jours un peu … trop crûment. Le mur méridional, qu'une charmante porte latérale perce dans la première travée, a eu ses contreforts renforcés désagréablement. Au XVe siècle, on a établi dans la troisième travée une grande fenêtre à meneaux. Ce qui fait la beauté de cet extérieur, ce sont ses deux portes. "
Extrait de http://www.auvergne-centrefrance.com/geotouring/eglises/03/eglise-chemilly.htm
Un autre article, très complet que je mets pour les mordus d’architecture.
" L'église de Chemilly et celle de Besson, sa grande voisine, sont les deux monuments religieux les plus réguliers, les mieux « rythmés » de cette région au point de vue du plan et du système de construction. Elles sont toutes les deux aussi des types complets d'édifices construits pour ainsi dire d'un seul jet, dans la dernière période romane bourbonnaise, où l'arc brisé, succédant au plein cintre, domine dans les grands arcs qui séparent les nefs et dans le berceau qui couvre celle du centre.
L'extérieur
A l'extérieur, cette église n'a conservé d'absolument intacts que sa façade un peu basse, le mur septentrional, et ses absides, dont plusieurs fenêtres ont été malheureusement modifiées au cours es ages et les murs restaurés de nos jours un peu … trop crûment.
Le mur méridional, qu'une charmante porte latérale perce dans la première travée, a eu ses contreforts renforcés désagréablement. Au XVe siècle, on a établi dans la troisième travée une grande fenêtre à meneaux (g du plan).
Ce qui fait la beauté de cet extérieur, ce sont ses deux portes.
La porte principale (A du plan), sur la façade, dans l'axe de la la maîtresse nef, est fort bien comprise, ornée avec une certaine recherche. Elle présente par la sculpture qui décore les archivoltes et les chapiteaux tous les caractères d'une étroite parenté avec les portes des églises d'Yzeure et de Besson, dans la région.
L'ébrasement est obtenu par quatre rangs d'archivoltes décorées :
Le cliché ci-contre, obtenu par une photographie prise en temps sombre, ne permet pas de se rendre compte de la délicatesse de ces moulures et de la finesse de ces ornements sculptés pourtant dans un calcaire plutôt grossier.
Les chapiteaux relèvent surtout de l'ornementation géométrique et végétale. Ils reproduisent les entrelacs et les feuillages si communs a l'époque romane. A droite du visiteur, on remarque deux chapiteaux de décoration animale et humaine. Le plus extérieur montre deux monstres chimériques se réunissant en une seule tête, comme à Yzeure et à Besson ; le second offre, comme dans ces deux églises, le type d'homme ivre soutenu par deux compagnons que nous avons déjà signalé devant la porte principale de l'église de Trevol.
Le linteau triangulaire remplit à peu près tout le tympan. Il ne porte aucune sculpture, mais il a, vraisemblablement, dû recevoir, comme ceux des portes de l'église de Besson, une peinture murale ou des inscriptions.
La petite porte latérale (c du plan) est plus simple. Le tympan forme linteau. Deux archivoltes, dont l'une, intérieure, repose sur des colonnettes, et est ornée d'une large gorge ; l'autre, sans moulure ni ornement, est limitée par un cordon de billettes. Des deux chapiteaux qui décorent cette petite porte, l'un est fruste, l'autre porte deux animaux à unique tête ; ce dernier est une réplique de celui que nous avons déjà signalé à la porte principale.
Les modillons qui portent l'entablement offrent autour des absides des types parfois très curieux bouts de solives avec copeaux, têtes grimaçantes d'animaux et d'hommes.
Le lourd clocher Carré, à un étage éclairé par deux fenêtres, s'élève sur la croisée du transept. Il a été refait plusieurs fois, notamment en 1607, puis de 1738 à 1739.
On lit, en effet, dans les registres de catholicité de la paroisse, antérieurs à 1789, et aujourd'hui déposés à la mairie de la commune, les notes suivantes rédigées par les curés de Chemilly : « Le siziesme jour de may l'an mil six cent cinq, la foudre est thumbée sur le clochier de l'église de Chemilly, environ les six heures du soir, et habattit la croix et le chaud et fit beaucoup de mal au clochier et en l'hostel sainct Sébastien dans l'église. »
« Apport d'une nouvelle croix et d'un nouveau coq pour le clocher (28 mars 1607), réfection de l'église et du clocher en sept semaines achevée le 21 juin 1607. » (Archives départ. E, suppl., n° 995. Notes de M. Baron, curé de Chemilly)
En 1645, nouveaux désastres :
« Les maisons esbranlées Par les vents impéteux ont esté terrassées, les arbres sont tombés, les clochiers sont rompus ... » (Id., n° 997.)
En 1737 Joseph-Xavier Landoys, curé de Chemilly, écrit : «J'ay travaillé à obtenir un arrêt du conseil, qui obligea tant les seigneurs décimateurs que les propriétaires et les habitans à contribuer aux frais nécessaires pour réparer mon église, qui depuis longtemps étoit dans un état déplorable et menacée d'une ruine prochaine. Dieu a béni mes soins ! ... Les dittes réparations et du clocher et de l'église ont été commencées en 1738 et ont été heureusement achevées vers la fin d'octobre 1739. » (E, suppl., 1007.)
Intérieur
Le plan de l'église est parfait et les proportions des plus harmonieuses. L'édifice offre trois nefs de trois travées et un transept terminé par trois absides. L'implantation des piliers, la place des fenêtres, tout est réglé par une triangulation parfaite, comme nous le feront remarquer dans une étude spéciale.
L'architecture y est tout, la sculpture nulle. Aucun chapiteau, mais seulement les impostes qui recouvrent la retombée des doubleaux. Tous les arcs sont en tiers point.
La nef centrale et le transept sont voûtés en berceau brise, les collatéraux en voûtes d'arêtes ainsi que la base du clocher.
Les autels
Les actes anciens de catholicité de la paroisse mentionnent l'autel de saint Antoine. D'autre part, saint Jean-Baptiste était titulaire d'une chapelle qui dépendait des seigneurs de la Jolivette.
La cloche
Une seule cloche se trouve aujourd'hui dans le clocher.
On lit sur les saussures : Sit nomen Domini benedictum. L'an 1850, sous l'administration de M. Gustave de Montribloud Maire, de M. Claude Guillot curé j'ai été bénie par Mgr Pierre Simon Louis Marie de Dreux-Brêze évêque de Moulins. J'ai eu pour parrain M. Antoine Mathé et pour Marraine Madame Elisabeth Olivier née Michel. Au bas de cette inscription se trouve la figure d'un évêque, probablement saint Denis, patron de la paroisse. En outre, il y a une croix et le portrait d'un saint qui paraît être saint Vincent. Le fondeur a été M. Barbier, de Moulins.
Les statues
L'église n'a conservé aucune des anciennes statues qui la meublaient. Celles qui s'y trouvent n'offrent point d'intérêt au point de vue de l'art. "
Source : Bulletin revue de la Société d'émulation et des beaux-arts du Bourbonnais Tome 21 année 1913 pages 329 à 334
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