Par Sylviemojo
Nous sommes dans la région d'Avallon dans un petit village de cinquante habitants où nous nous arrêtons pour un petit château fort qui abrite aujourd'hui une ferme.
L'édifice a un peu perdu de sa superbe d'origine avec sa toiture de tôles ondulées, mais qu'importe, neuf-cents ans plus tard, ses murs sont encore là, bien debout et l'ensemble ne manque pas de charme.
" Datant du XIIe siècle, le château fort de Cisery a été construit à partir d’un prototype conçu par Philippe II de France. Le style architectural était, à l'époque, plutôt novateur. On parlait alors "d'une architecture à plan carré et flanquements circulaires d'angle".
Modèle plus abouti.
Les châteaux forts étaient construits à l'origine par des nobles ou des seigneurs à des fins défensives. Sous son règne, au XII e siècle, Philippe Auguste (Philippe II de France, 1180-1223) a entrepris de renforcer les bâtisses existantes et d'en faire construire de nouvelles, selon un modèle plus abouti qu'il avait lui-même imaginé. Naquit alors le prototype d'une nouvelle architecture militaire. Le château de Druyes-les-Belles-Fontaines est le premier du genre : bâti entre 1150 et 1175, il a servi de modèle à d'autres constructions du même type comme le château de Cisery. Construit à la fin du XII e siècle, il subsiste encore aujourd'hui d'importants vestiges de ce dernier. À l'image de Druyes, Cisery forme un quadrilatère de 40 mètres de long sur 31 mètres de large. Il est construit au moyen de deux matériaux : le calcaire issu du sous-sol de la Terre Plaine et le granit provenant du Morvan.
La disposition du corps de logis sur l'un des côtés, flanqué d'une tour ronde, était conçue pour dégager la cour et faciliter ainsi le mouvement des troupes. Il ne reste, aujourd'hui, que les murs de soutènement de la cour qui s'élevaient à plusieurs mètres de haut. Contrairement à son modèle, Cisery ne possédait pas de tours d'angles. Jusqu'en 1864, une petite saillie supportée par deux consoles était visible : il s'agissait des latrines. Autres signes distinctifs : des contreforts en pierre de taille faisaient corps avec le mur d'enceinte.
À l'autre extrémité, subsiste la tour carré du pont-levis, dont l'ouverture a été murée au début du XX e siècle, munie d'une bretèche sur consoles. Toutes les ouvertures élevées donnant sur la cour étaient desservies par un chemin de ronde en bois et reposant sur des corbeaux et des piquets. Une chapelle fut construite à l'intérieur de la bâtisse. Son cœur de pierre existe toujours. L'ensemble était entouré de douves.
Une ferme
Cisery a rempli son rôle militaire contre les Anglais vers 1360 et les « écorcheurs » du capitaine Jacques d'Espailly, surnommé « Fortépice » (mercenaire à la solde du roi) en 1429.
Si au XVII e siècle, les sujets ont continué, par précaution, à garder et entretenir les murs, les fossés et le fond dormant devant le pont-levis, leur vigilance s'est estompé au fil du temps. Et l'entretien, peu à peu abandonné. Les intendants ont été remplacés par des exploitants agricoles jusqu'à la Révolution où l'édifice est devenu une simple ferme.
Le château de Cisery est aujourd'hui une propriété privée qui, si elle ne se visite pas, se laisse volontiers admirer de la rue. "
Sources : L'association Arlimont, site des châteaux, manoirs et châteaux forts de l'Yonne. Article paru sur le site de L'YONNE REPUBLICAINE https://www.lyonne.fr/cisery/vie-pratique-consommation/2014/06/06/une-forteresse-imprenable_11031865.html
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