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Glanum

Sur le chemin de retour de nos vacances, nous programmons une halte près de Saint-Rémy de Provence. Nous arrivons en fin de matinée, il fait chaud, les cigales chantent à tue-tête. Le ciel est bleu légèrement zébré de nuages, le paysage rocheux est principalement planté de pins dont le parfum embaume l'air. Le décor est planté, nous partons à la découverte du site gallo-romain de Glanum.

Pour les commentaires historiques, je me base sur les documents mis en ligne par le site ou donnés lors de notre visite.

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Les "ANTIQUES", plantés en bord de route depuis deux mille ans, telles deux blanches sentinelles, accueillent les visiteurs à leur arrivée.

  •  " L'ARC TRIOMPHAL Formé d’une seule baie en plein cintre, cet arc, porte d’entrée de la ville romaine, célèbre la Rome victorieuse (cf. les victoires ailées au dessus de l’arche). Les hauts-reliefs sculptés de chaque côté présentent des Gaulois (on les reconnaît à leurs braies, leurs manteaux à franges et au corps musclé des hommes) captifs ; ils sont enchaînés à des troncs, côté route. De l’autre côté, on reconnaît également une femme vaincue, assise sur un amoncellement d’armes."
  • "LE MAUSOLÉE Ce monument privé honore une famille : celle des Julii, comme en témoigne l’inscription « SEX. L.M.IVLIEI.C.F.PARENTIBVS.SVIS » : « Sextius, Lucius, Marcus, fils de Caius, de la famille des Julii, à leurs parents ». Trois frères honorent leur père, Caius, et leur grand-père dont les cendres devaient être conservées dans le socle de l’édifice et dont on peut voir les statues héroïsées dans la tholos, en haut de l’édifice. Ce magnifique mausolée montre avec ostentation la richesse de la famille. Les bas-reliefs du socle évoquent chasses et batailles à la gloire de Rome et de la famille indigène romanisée."
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Avant d'entrer sur le site, nous traversons une des carrières d'où la roche fut extraite et servit à la construction de la cité.

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Nous découvrons l'ensemble du site qui s'étire à nos pieds.

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Dans les ruines d'une maison, une pierre à évier avec écoulement de l'eau.

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La maison des Antes " Cette domus, de plus de 600 m2 , non loin du forum, était certainement habitée par de riches propriétaires. Construite à l’époque hellénistique en grand appareil, elle est conservée à l’époque romaine. Son plan est caractéristique de celui des maisons grecques, puis romaines : elle s’organise autour d’une cour intérieure bordée de colonnes (le péristyle) et dotée d’un bassin permettant de recueillir l’eau de pluie – l’impluvium – pour servir de citerne. On remarque l’escalier qui devait desservir l’étage, réservé aux chambres. Face à cet escalier, se trouve un vestibule qui donne sur la rue. Les pièces à vivre s’articulent autour de la cour : culina (cuisine), triclinium (salle à manger), bureau du maître de maison etc. et bénéficient ainsi de la lumière du jour. Dans la pièce encadrée par les deux antes, devait se trouver le laraire : l’autel des dieux « Lares ». Si, de la décoration visible in situ ne subsistent que de rares enduits colorés (cf. pièce fermée par une barrière), il faut imaginer que tous les murs étaient peints de couleurs très vives, et que les sols étaient entièrement recouverts de mosaïques."

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Les thermes, remarquez la piscine et sa fontaine en forme de masque. 

" Sur des habitations (de l'époque glanique) sont construits des thermes, composés d’une piscine en plein air, d’une palestre (gymnase) et des trois salles de bains : salle chaude (caldarium), salle tiède (tepidarium) et salle froide (frigidarium). Les salles chaude et tiède sont chauffées par système d’hypocauste (chauffage par le sol)." 

"Lieu de détente et de bien-être par excellence, les thermes se trouvent dans toute ville romaine. On y venait tous les jours pour les bienfaits du corps et de l’esprit. Gratuit et ouvert à tous les citoyens, c’est un lieu essentiel de la ville romaine, facteur de romanisation. " 

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La rue principale recouvre le réseau des égouts. Il est à parier que les rues de Glanum ne ressemblent pas au cloaque bourbeux de nos ruelles moyenâgeuses. 

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La maison d'Atys

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La curie : une pièce romaine reconnaissable à son abside qui servait à réunir les élus locaux à l'époque romaine, une autre salle servait de tribunal

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La basilique est un vaste bâtiment administratif dont subsistent 24 piliers de fondation carrés.

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Le puits à dromos tient son nom du couloir, ou dromos, aménagé en un escalier d'accès à l'eau.

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" Il y avait ici deux temples géminés (jumeaux) de par leur destination et leur architecture, même si l’un était plus grand que l’autre. Ils ont été construits au tout début de l’Empire (vers 20-10 av. J.-C.), sous le règne d’Auguste, en l’honneur de l’empereur divinisé et de sa famille. C’est la découverte des portraits en marbre d’Octavie et de Livie (respectivement sœur et épouse d’Auguste) qui permet aux archéologues de l’affirmer. En 1995, le plus petit des deux temples (11 mètres de haut) a fait l’objet d’une reconstruction partielle : seul le socle est d’époque ; le podium, les colonnes, l’entablement et le fronton ont été restitués à l’identique des fragments qui ont été découverts lors des fouilles. Ces temples respectent l’ordre corinthien, comme bien d’autres dans les villes voisines d’Arles et Nîmes notamment "

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Le bouleutérion C’est le siège de l’assemblée (la boulé) locale à l’époque gallo-grecque. Cette assemblée restreinte est composée de citoyens chargés des affaires courantes de la cité. On y reconnaît des gradins, un petit autel circulaire en son centre, orné de bucranes et de dauphins, ainsi qu’une petite construction circulaire qui pouvait servir de tribune à l’orateur. À l’époque romaine cet édifice est détruit au profit de la curie, lieu de réunion des élus locaux dans les cités romaines de l’Empire. "

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La source sacrée

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Le temple de Valetudo

" La source constitue le cœur de l’oppidum gaulois. Cette source aux eaux qui ne tarissent jamais est placée sous la protection de Glan et des déesses-mères protectrices. À l’époque hellénistique, un monument est construit pour abriter cette eau merveilleuse et ainsi la protéger des intempéries mais également pour récupérer les eaux de ruissellement des Alpilles. À l’époque romaine se développe un véritable pèlerinage autour de la source à laquelle on prête des vertus guérisseuses particulières : celles de guérir les maladies affectant notamment les membres. Quelques autels votifs ornés de représentations anatomiques témoignent de cette ferveur à l’eau sacrée. Et, si ce culte à Glan est intégré par les Romains, le culte de l’eau sacrée se trouve néanmoins romanisé par l’association de dieux issus du Panthéon romain : Valetudo, déesse romaine de la santé, et Hercule, héros romain incarnant la force et le courage, dont les sanctuaires se trouvent de part et d’autre de la source. On observera la dédicace, toujours visible, « [VALE]TUDINI M. AGRIPPA » qui précise que c’est Marcus Agrippa, lieutenant et gendre d’Auguste, qui a offert ce sanctuaire à la déesse en reconnaissance des vertus curatives de la source. "

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Face à la source sacrée, et au temple, un escalier.

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Les maisons gauloises

" Le village gaulois était constitué de petites maisons aux toits plats ; on en distingue aujourd’hui les murs, faisant apparaître deux petites pièces, ainsi que quelques ruelles. On voit également face à la source, un aménagement de la colline en terrasses avec un escalier où se tenaient les sculptures de guerriers gaulois assis en tailleur découvertes in-situ et dont vous pouvez apercevoir une copie dans l’espace d’accueil du site. Du sanctuaire d’Hercule sont visibles la colonne centrale et les autels votifs où l’on peut lire la dédicace au héros, tous offerts par des vétérans des légions romaines en remerciement de leur bonne santé et de leur bon retour de la guerre. On a également découvert ici une statue d’Hercule (aujourd’hui conservée à l’hôtel de Sade) présentée avec ses attributs classiques : appuyé sur sa massue, il porte la peau du lion de Némée sur le dos ; avec, en plus, un vase à boire, symbole de l’eau miraculeuse."

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Un peu d'histoire

A partir du XVIe siècle, les antiques deviennent un but de voyage pour les érudits et voyageurs. Cet ensemble monumental, constitué d'un arc de triomphe et d'un mausolée, est alors le seul témoin visible de la ville de Glanum.

Au XVIIe et au XVIIIe les découvertes d'objets antiques se multiplient à leur abord.

En 1921, le site devient l'objet de fouilles systématiques à l'initiative de l'architecte des monuments historiques Jules Formigé. Sous l'autorité de ce dernier, Pierre de Brun dirige pendant vingt ans les travaux ; il dégage les abords de la basilique, les maisons du quartier nord et les thermes. Henri Rolland lui succède, de 1941 à 1969.

Depuis 1983, les fouilles et les recherches ont repris, apportant notamment, une meilleure connaissance des remparts et des temples géminés. L'étude de ces derniers a abouti en 1992, à une restitution de l'angle du plus petit des deux temples.

Des vestiges hellénistiques ont également été découverts sous le forum romain. En 2007, sa restitution a été entreprise en choisissant de rendre la configuration de la fin du 1er siècle avant J.C. Deux "fenêtres archéologiques", -ouvertures dans le sol- permettent d'observer les parties d'époques antérieures : le puits à dromos et la place trapézoïdale, hellénistiques.

Oppidum Salyen

Les premiers habitants s'installent aux VII et VIe siècle avant J.C. à l'abri d'un rempart en pierres sèches qui ferme la voie des Alpilles sur trois cents mètres de long. Des poteries et des monnaies jetées en offrande dans l'aven surplombant la source témoigne de la motivation religieuse, dès l'origine, de cette implantation gauloise. Un dieu celtique, Glan, et ses compagnes bienfaisantes, les Mères glaniques, habitent ces eaux réputées guérisseuses et donnent leur nom aux habitants.

La cité hellénistique puis latine

Des relations avec le monde grec procurent par la suite aux Glaniques une prospérité qui s'est traduite au IIe et Ier siècle avant J.C. par l'extension de la zone habitée et la construction d'édifices de type hellénistique. Puis, dans les toutes premières années du règne d'Auguste (63 avant J.C. 14 après J.C.), Glanum devient une colonie latine. Cet événement est à l'origine de la transformation rapide et profonde de l'urbanisme monumental de la cité. Enfin, la ville ne résiste pas aux invasions alémaniques de 260, et ses habitants l'abandonnent au profit de l'agglomération proche qui deviendra, à l'époque mérovingienne, une possession de l'abbaye Saint-Rémi de Reims ".

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