Par Sylviemojo
Enfin, une journée agréable, nous en profitons pour nous lancer dans une balade et visiter le château de Beauregard, tout près de Chambord.
Ce n'est certainement pas le plus connu des châteaux de la vallée de la Loire, pas le plus apprécié, (à lire les commentaires grincheux sur certains sites), mais nous aimons sortir des sentiers battus et nous faire notre propre opinion.
Comme vous le verrez sur les images, c'est un édifice de taille modeste, le propriétaire actuel en habite toujours une partie, ce qui explique le nombre restreint des pièces ouvertes à la visite.
Le point fort de cette visite est une galerie de 327 portraits représentant, entre autres, des souverains de France et d'Europe. Il est très conseillé de suivre la visite guidée, comprise dans le prix de la visite. Le commentaire, très complet et intéressant de notre guide, que nous étions seuls à suivre durant une heure trente, a éclairé et donné tout son intérêt à cette longue fresque historique.
Henri IV, en portrait central.
Le château
Les dépendances Notre visite commence dans le parc, nous passons devant la glacière puis, dans l'ancien potager entièrement repensé.
La glacière, construite au XVIIe, elle fait six mètres de profondeur par quatre mètres. On y stockait la glace des étangs, prélevée en hiver, alternant couches de paille et de glace, le tout étant recouvert par une trappe de bois et fermé de deux épaisses porte de chêne.
Les énormes calices blancs sont des fleurs de magnolias persistants, ils embaument l'air d'un doux parfum.
L'ancien potager est divisé en chambres de verdures. Chaque chambre étant un jardin à l'anglaise en miniature, où les plantes poussent librement. Chaque chambre a ses couleurs se rapportant aux couleurs des armoiries, de personnes historiques représentées dans la galerie de portraits.
Dans le hall d'entrée, une belle horloge de parquet du XVIIIe et une statue de Saint-Michel, en bois polychrome du XVIIe-XVIIIe, nous accueillent. A noter que la statue de Saint-Michel a perdu ses ailes et qu'elle est de grande taille, environ deux mètres. L'horloge, quant à elle, fonctionnait encore très récemment, il semblerait que le dernier passage à l'heure d'été lui ait fatale.
Nous entrons dans le "Cabinet des Grelots", cabinet de travail du fondateur du château Renaissance que nous visitons aujourd'hui, Jean du Thier. Les trois grelots, emblème du blason de Jean du Thier, sont sculptés en nombre dans les boiseries du plafond et des murs. Ce plafond à l'italienne et les boiseries des murs furent réalisés en quelques mois, un exploit, par des artisans italiens. Ce chef-d'oeuvre, entièrement chevillé, fait l'objet d'une grande surveillance, un morceau se détache, et l'ensemble s'effondre.
Les peintures représentent les activités des gens de la noblesse, chasse, guerre, littérature, musique...
A noter que Jean du Thier occupait d'importantes fonctions aux finances, auprès du roi Henri II.
Voici la salle la plus impressionnante, la "Galerie des Portraits", du sol au plafond, tout est décoré, on ne sait où porter son regard.
Le sol est en carreaux de faïences de Delft, ce sont les originaux du XVIIe siècle, représentant une armée en marche. Prévoyant, Paul Ardier en avait commandé un surnombre et pendant des décennies, les carreaux abîmés ont pu être remplacés. Aujourd'hui, ce n'est plus possible, il faut songer à protéger l'ensemble, provisoirement, un chemin de moquette en recouvre une grande partie. Un projet ambitieux est à l'étude, recouvrir l'ensemble du sol d'un couvercle de verre, reste à le financer...
Le plafond, jamais restauré nous offre le bleu inimitable de la pierre de lapis-lazulli.
Les portraits nous retracent trois cents ans d'histoire de France et d'Europe qui s'achèvent avec le règne de Louis XIII, (grand portrait en pied, placé en angle) dont Paul Ardier, instigateur de ce décor, fut le ministre.
Une autre galerie, au long de la précédente qui servit de bibliothèque et abrite aujourd'hui quelques jolis meubles d'époque, une tapisserie du XVIe et une étonnante collection de portraits contemporains. Portraits de chiens et d'une chatte, appartenant à des personnalités connues, qui devaient faire l'objet d'une exposition temporaire, mais semblent avoir trouvé une place dans la durée, un effet de surprise assez inattendu dans ce lieu d'histoire.
La cuisine, une pièce à laquelle on a redonné son état du XVIe siècle. Elle se trouve dans la partie la plus ancienne du château. Les propriétaires l'ont utilisée jusqu'en 1968.
Cet étang fut creusé en 1986. D'autres étangs existèrent par le passé puis, disparurent.
Historique du château
Le premier bâtiment attesté par plan sur la terre de Beauregard fut un manoir, élevé à la fin du XVe siècle par le seigneur François Doulcet. Pour avoir, pendant les campagnes d'Italie, escroqué la couronne, Doulcet se vit confisquer tous ses biens par Louis XII.
Beauregard rejoignit alors les propriétés du roi de France. Pour François 1er, le manoir fut un rendez vous de chasse qu'il donna, en 1520, à son oncle, René de Savoie, frère de sa mère, Louise.
En 1545, jean du Thier, secrétaire d'état aux finances du roi Henri II, fit l'acquisition du domaine. Il entreprit, entre 1553 et 1559, d'importants travaux qui firent de Beauregard, un ds grands châteaux du Val de Loire. On adjoignit au bâtiment primitif une galerie et une aile en retour d'équerre. Les plans d'Androuet du Cerceau, datés de 1579, dans son ouvrage "Les plus Excellents Bâtiments de France", témoignent de l'architecture harmonieuse, fortement italianisée, de ce bâtiment centré sur les arcades de la galerie surmontée de médaillons en terre cuite.
Les toits présentent encore de hautes cheminées blanches à inclusions d'ardoise dite "à la Chambord". Du décor intérieur commandé par Jean du Thier, subsiste, au premier étage du château, son cabinet de travail. Cette pièce, surnommée, "le cabinet des grelots", en raison du motif dominant son décor conservé au fil des siècles, ses délicates boiseries de chêne sculptées et son plafond à caissons réalisés en 1554, par l'ébéniste royal, Scibec de Carpi.
Paul Ardier, ministre du roi Louis XIII, se retira de la vie politique et acheta le domaine pour y terminer sa vie. Son oeuvre majeure fut la décoration de la grande galerie du château. Entre 1620 et 1638, 327 portraits prirent place sur les murs de la pièce, constituant alors la plus importante collection de portraits historiques connus en Europe. Son fils et sa fille complétèrent le décor par le pavage de Delft, les peintures du plafond au lapis-lazuli et des boiseries murales. La famille Ardier quitta le domaine en 1816.
Le XIXe siècle vit la destruction de l'aile Ouest du château. C'est au XIXe, également, que la comtesse de Sainte Aldegonde fit construire une seconde galerie au Sud et dota le château d'une chapelle néo-gothique, aujourd'hui disparue.
La famille Tillier, au début du XXe siècle, modernisa le château, installant l'eau courante et le chauffage central puis entreprit une première campagne de restauration, tant des bâtiments que du parc.
Depuis 1925, le château appartient à la famille du pavillon. le Château ouvrit ses portes au public en 1957. Depuis 30 ans, les efforts se portent sur la restauration de la galerie et des bâtiments, ainsi que sur l’aménagement des structures d'accueil du château et du parc.
Un extrait du site du château de Beauregard
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