Par Sylviemojo
Aujourd'hui, il fait incroyablement doux, 14° et le soleil, bien qu'un peu timide, nous apporte un agréable contraste avec les fortes gelées de la semaine passée. Nous profitons de cette accalmie, pour visiter le château de Talcy, construit à partir du XVIe siècle, à une vingtaine de kilomètres de Chambord. Il n'est pas en bord de Loire, mais un peu en retrait, à petite distance des résidences royales.
La tour porche a des aires de donjon, elle n'est cependant pas un donjon médiéval, puisqu'elle est construite au XVIe siècle par le banquier florentin Salviati.
Le joli puits chapeauté d'ardoises date de la fin du XVIe, il est accompagné d'un bassin au XIXe.
La cour d'honneur est entourée de deux ailes XVIe, remaniées au XVIIe et d'une galerie du XVIe.
Dans la basse cour, le beau pigeonnier de la fin du XVe siècle abrite 1 400 boulins, dont certains accueillent des pigeons de céramique qui font illusion un court instant, lorsque l'on entre dans la pénombre du lieu.
La grange du XVIIe a conservé son pressoir de 1818. Le Phylloxéra marquera la disparition de l'activité viticole à Talcy. Au XIXe, existait également un pressoir à pommes.
Vous remarquerez également le pédiluve pour les chevaux.
Le jardin de Talcy s'étend sur six hectares, il fut le potager et le verger du château. Depuis 1996, il est restauré pour lui redonner son visage d'autrefois.
La visite du château commence par une grande salle (un peu sombre) en rez de chaussée. Elle fut successivement, salle à manger des châtelains, entrée des invités, lieu de prière protestant, puis pièce des domestiques, lorsque la salle à manger des propriétaires migre à l'étage au XVIIIe. Cette pièce fut recouverte de boiseries jusqu'au début du XIXe.
On observe :
Communiquant avec cette grande salle, l'office puis la cuisine.
Dans l'office :
Dans la cuisine :
La chambre de Charles IX (en référence à l'entrevue de Talcy de 1562 où Catherine de Médicis et Charles IX passent à Talcy)
On observe :
La chambre de Catherine de Médicis (toujours en rappel de l'Histoire) fut celle de la maîtresse de maison à l'époque des Salviati. Une porte condamnée, au XIXe, donnait directement sur une tribune, dans l'église.
On observe :
La chambre des demoiselles Au XVIIIe et XIXe, chambre des jeunes filles de la maison. La pièce est tendue de toile indienne vers 1835.
Nous parvenons dans des pièces beaucoup plus claires et agréables. Ce "Petit salon" fut au XVIIIe et XIXe, la chambre de la maîtresse de maison. Chaque propriétaire réorganise la distribution des pièces et le mobilier migre selon les humeurs. Fin XIXe, les Stapfer aimaient à y prendre le café.
On observe :
La salle à manger fut début XVIIIe, l'antichambre d'un cabinet voisin. Recouverte de boiseries dans sa partie basse et tendue de la toile imprimée à l'huile que nous voyons encore aujourd'hui. Les sièges sont du XVIIIe.
Le "Grand salon" Le décor fut réalisé au XVIIIe, c'est dans cette pièce que se trouve le meuble le plus précieux du château, une commode à décor chinois, datée des alentours de 1750.
L'église Saint-Martin fut construite au XVIe et XVIIe siècle. Elle fut la chapelle du château de Talcy.
Un moulin existe à Talcy depuis 1517. Celui qui était en place fut rasé en 1956, remplacé par un moulin du XVIIIe, apporté de Chatenay dans l'Essonne qui fut ainsi sauvé de la destruction. Il fut emporté par une tornade en 2003. Celui que nous voyons fut reconstruit en 2004.
Un paragraphe pour vous présenter trois daguerréotypes pris par Albert Stapfer, propriétaire de Talcy à partir de 1844.
Source banque d'images du Centre des Monuments Nationaux
Les informations sont tirées du livret Le château de Talcy Une demeure poétique paru aux Editions du patrimoine, centre des monuments nationaux
Historique des propriétaires
Talcy, fief où était érigée une grosse ferme fortifiée appartenait, au XIIIe siècle, à la famille de Beaugency.
Mais c'est au début du XVIe siècle, alors qu'il est propriété d'Antoine Sanguin, conseiller du roi Louis XII, que sur les terres de la maison forte, un château voit le jour.
Quelques années plus tard, en 1517, Talcy devient propriété d'un riche banquier florentin, Bernard Salviati, (commanditaire de François 1er) qui obtient, en 1520, le droit de le fortifier. Il ajoute la tour porche, un chemin de ronde resté inachevé... Ces travaux de fortification visent plus à asseoir la position sociale des Salviati qu'à rendre l'édifice imprenable. Toujours sous l'influence des Salviati, l'aile en retour est modifiée, fermant, aux villageois, l'accès à l'église par la cour du château. Une galerie embellit la façade du logis accolé à la tour porche. La silhouette actuelle du château de Talcy s'ébauche.
Talcy reste dans cette famille jusqu'à la fin du XVIIe et passe de génération en génération par mariages et héritages. Le fief génère, grâce aux fermes du domaine, des revenus des cultures vivrières, du blé que l'on moud au moulin de Talcy, de la vigne dont une partie du vin est transformée en eau de vie. On élève des moutons pour la laine, des animaux de basse cour, des pigeons...
A partir de cette fin du XVIIe, Talcy passe de main en main. Les Burgeat, famille d'officiers royaux, aménagent le château au cours du XVIIIe, le rendant plus confortable, moins rustique.
En 1780, une famille de protestants, financiers, achète Talcy, ce sont leurs descendants, les Stapfer, qui garderont Talcy jusqu'en 1933, date à laquelle Talcy devient propriété de l'Etat.
Talcy dans l'histoire
1562 Catherine de Médicis et Charles IX sont accueillis à Talcy par les Salviati, pour une rencontre entre protestants et catholiques. Les protestants se sentant trahis tentent, sans succès d'enlever Catherine de Médicis et le jeune roi.
1572 Le duc de Guise,s'empare d'un pasteur de Beaugency et vient le pendre dans la cour du château de Talcy.
1789 La population de Talcy, dans un élan de colère révolutionnaire, pénètre dans le château se saisit du chartrier (archives) et le brûle.
1793 Les grilles en fer forgées du jardin sont saisies et fondues.
1815 Durant les guerres napoléoniennes, un régiment de lanciers prussiens s'installent à Talcy et vit sur le domaine qui doit pourvoir aux besoins des hommes et des chevaux.
1870 Accueil de l'état major du général Chanzy. Puis passage des troupes prussiennes.
1945 Passage des troupes allemandes.
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