Par Sylviemojo
Pour continuer notre journée en Bourgogne, voici un joyau de l’art roman, niché dans un "Jardin Remarquable". Deux plaisirs réunis en une seule visite.
Cette abbaye cistercienne fondée en 1118 par Saint Bernard est l’une des plus anciennes de France. Elle est la seconde fille de l'abbaye de Clairvaux.
Les moines vont y vivre selon la Règle de Saint Benoît, mais l'appliquent de façon très rigoureuse, du moins durant les premiers siècles. Elle devient Règle cistercienne.
La vie du moine est consacrée, avant tout, à la prière, c'est pour cela que les frères convers, qui ne sont pas moines, assurent les travaux des champs et de la forge. Les moines font vœux de pauvreté et d'obéissance à la Règle.
La Révolution transforme Fontenay en papeterie, et, paradoxalement, c'est cette activité, en la préservant d’une totale destruction, qui nous permet aujourd'hui d'admirer ce bel ensemble monastique.
En 1820, la famille de Montgolfier (celle des premiers aéronautes) l’achète, mais, il faut attendre le début du XXe pour que la papeterie cesse ses activités, que les premiers travaux de mise en valeur soient réalisés, et que les bâtiments ajoutés pour l’exploitation papetière soient détruits. Cette même famille habite toujours l’abbaye.
Une fois passée la porterie, nous entrons dans un jardin très structuré qui met en valeur des bâtiments imposants, avec en prime, le bruit de l'eau et une fontaine, nous sommes de suite conquis.
Les différents bâtiments
Gros plan sur le bâtiment XIXe
Le colombier construit au XIII, un privilège.
Ici, la boulangerie avec le four construit en dehors du bâtiment. Tout est fabriqué sur place, les moines vivent en autarcie. La boulangerie fait suite à la porterie.
Voici le logis des abbés commendataires, c'est à dire nommés par le roi. Il date du XVIIIe, on est loin des cellules étroites ou du dortoir. Aujourd'hui, c'est le logis des propriétaires.
Puis, en retrait par rapport au logis, loin des bâtiments de travail, pour préserver la sérénité de la prière, l’Abbatiale, sobre, majestueuse.
Construite à partir de 1139 elle est achevée en 1147, orientée vers l’est, sur un plan de croix latine, longue de 66 m et haute de 16,70 m, elle est de style roman épuré à l’extrême.
Nous voici dans la nef centrale, les chapiteaux sont des plus simples, rien ne doit venir distraire les moines de la prière, mais le contraste des couleurs des matériaux est magnifique. La lumière entre par les fenêtres entre les travées, et, dès le portail, on remarque le chœur baigné de lumière qui contraste avec la nef, plus sombre. Remarquez la voûte en berceau brisé.
Avançant vers le bras nord du transept, nous voici devant « la porte des morts » qui conduisait au cimetière des moines. Aujourd'hui, elle ouvre sur le jardin anglais.
Devant cette porte, Notre-Dame de Fontenay (fin XIIIe) vendue à la Révolution, orna pendant plus de 100 ans un cimetière et ne retrouva l’abbaye qu’au début du XXe, après restauration.
Voici l'ancien retable du maître autel, comme vous le remarquez, il est très abîmé.
Cet escalier mène au dortoir.
Les moines de Fontenay appliquent, au début, la Règle de façon très stricte, elle imposait que tous les membres de la communauté dorment ensemble, une paillasse à même le sol. Une exception cependant, l’abbé avait une cellule.
Vous remarquerez l’absence de cheminée, seule la chaleur du chauffoir montant par un escalier apportait quelque douceur. A la fin du Moyen Age, la Règle s’adoucit, l’espace est divisé en chambres.
Derrière l’abbaye, nous découvrons, par la fenêtre, un magnifique jardin qui fut le jardin des simples au temps des moines.
Nous redescendons pour enfin, découvrir le cloître
Le cloître, lieu de méditation, ici encore pas de sculptures exubérantes.
Mais, simplicité cistercienne des chapiteaux aux motifs végétaux épurés, plantes aquatiques, iris d'eau...
Derrière le cloître, le logis XVIIIe des abbés commendataires (nommés par le roi et non plus élus par leurs pairs).
Une vue côté cloître, une autre côté jardin.
En bas de ce bâtiment, la salle capitulaire, en haut, le dortoir accolé à l'église.
L'abbatiale côté cloître.
Le chauffoir, avec ses deux cheminées, pièce où il était possible de venir se réchauffer pour les malades, et où l'on pouvait réchauffer l'encre gelée, nécessaire aux moines copistes.
Salle capitulaire qui n'était jamais fermée, ainsi, les convers qui "n’ont pas voix au chapitre" peuvent entendre la lecture du chapitre, de la Règle ou de la répartition des tâches.
Dans le prolongement de la salle capitulaire, la salle des moines, plus simple et plus petite nous mène vers le jardin. (Les moines y effectuaient divers tâches, une partie servait sans doute aussi de scriptorium.)
Les jardins.
L'infirmerie, pas très loin de la forge, mais isolée des autres bâtiments.
La forge, longue de 53 m ! Un bâtiment magnifique dedans et dehors, même si c’était un lieu de travail. Dans la salle du bas, on extrayait le fer du minerai, on en faisait des barres que l’on forgeait ensuite dans la salle du haut. Les outils forgés par les moines étaient vendus dans toute la Bourgogne.
Dans ce bassin, vivent d'énormes truites, preuve que l'eau y est très pure, lors de notre visite, nous nous posions la question de sa fonction à l'époque monastique. Les viviers des moines n'ont habituellement pas cette forme. Nous avons posé la question à l'accueil, ce bassin est une création du XIXe siècle.
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Abbaye de Fontenay - Patrimoine Mondial
Abbaye cistercienne de Fontenay fondée par St Bernard au XIIe siècle, Patrimoine Mondial. Site de Bourgogne très visité, avec Vézelay et Beaune.
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