Par Sylviemojo
Je me replonge dans les images de nos nombreuses balades passées et choisis celles de l'église Saint-Eliphe de Rampillon. Pour une fois, nous restons en Seine-et-Marne, à mi chemin entre Provins et Melun et soyons chauvins, l'église est magnifique.
Dans cette région de Brie assez plate, l'église de Rampillon se voit de loin, massive, austère dominant le village. Village ancien, puisque ce sont des moines de Saint-Martin de Tours qui le développent dès le XIe siècle.
Au XIIe, l'archevêque de Sens fait bâtir une première église.
Au siècle suivant, les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem installent une commanderie et l'église que nous voyons encore en partie aujourd'hui.
Si les pierres pouvaient parler, elles nous en raconteraient... En effet, l'histoire n'épargne presque rien à l'église de Rampillon.
Heureusement, la Révolution oublie Rampillon et nous avons encore la chance de pouvoir admirer ce trésor de statuaire.
Sur ce tympan du XIIe siècle, au centre, Saint-Eliphe est entouré des douze apôtres et souligné d'une frise représentant un calendrier agricole. Au-dessus de Saint-Eliphe, une représentation du jugement dernier, où seuls les élus apparaissent sur le linteau. Les damnés en sont absents contrairement à la tradition.
Saint-Eliphe, les douze apôtres, le jugement dernier.
Le calendrier avec les divers activités selon les saisons. Taille de la vigne, semailles, glandée avec le cochon, gaulage des noix, cueillette des fruits, foulage des raisins, fauchage et battage du blé, repos au coin du feu....
La "Tour aux miches", aux allures de donjon était la gardienne du trésor de l'église, objets précieux et reliques. Reliques qui généraient d'importants revenus quand elles donnaient lieu à un pèlerinage.
Observez l'épis de faîtage en céramique.
L'imposant clocher du XIVe rythme la vie quotidienne, mais, a aussi le rôle essentiel de tour de guet au cours des siècles troublés.
Une vue latérale nous dévoile des arc boutants imposants. Après avoir fait le tour, nous entrons et la surprise est totale. Nous restons quelques minutes en haut des marches, admiratifs. Le contraste de cette clarté, de cette élégance gothique avec l'austérité extérieur est saisissant. Je vous laisse juge.
Notez les discrets restes de polychromie.
Au centre, une Vierge à l'enfant en pierre du XIVe siècle, haute de presque deux mètres. Au XVIe siècle, cette statue fut entourée de volets de bois, décorés de douze panneaux sculptés polychromes. La statue trouvait place dans une alcôve et se trouvait à l'abri une fois les volets refermés. Malheureusement, ils furent volés dans les années 70 et seuls quatre ont été retrouvés. Aujourd'hui, la Vierge est entourée, à sa droite d'une statue de Saint-Eliphe datant du XVe et, à sa gauche d'une statue de Sainte-Barbe datant également du XVe.
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