Par Sylviemojo
Une balade dans nos cartons depuis des années, enfin concrétisée ! Nous la faisons un dimanche, pour éviter le flot de camions qui se déversent sur la N 36 dont certains tronçons sont encore en deux voies ! Un enfer en semaine...
Nous voici donc dans l'Aisne, à une quarantaine de kilomètres au nord-est de Soissons. Nous visitons une cité médiévale, huit kilomètres de fortifications encerclant un joli centre historique perché sur une colline. Aujourd'hui, préfecture du département, ville moyenne, d'un peu plus de vingt-cinq mille habitants, Laon eut un passé prestigieux.
Il commence au premier siècle avant notre ère avec l'édification d'une ville gallo romaine. Ce poursuit au VIe siècle quand Laon est érigé en évêché et voit sa première cathédrale construite, ainsi qu'un château où vont résider les rois carolingiens.
Au XII et XIIIe, Laon est une ville riche. Siège de bailliage, ville franche tirant de confortables revenus de son agriculture avec l'élevage, la vigne et le blé. Laon, toujours siège d'un évêché, construit en trente ans une nouvelle cathédrale, une des premières de style gothique, ville fortifiée, elle abrite également trois importantes abbayes, seize églises...
La guerre de cent ans apporte son lot de désastre avec, entre autres, l'incendie de l'abbaye Saint-Vincent, suit une période de reconstruction.
Au XVIe siècle, la ville n'ayant pas soutenu Henri IV, mais le parti adverse, le roi fait raser un quartier de la ville pour y installer une citadelle et une garnison, asseyant ainsi son autorité sur la ville.
Après la Révolution, beaucoup d'édifices religieux sont réaffectés, transformés ou détruits.
Au XIXe, le chemin de fer arrive, désenclavant la ville. Le conflit de 1870, puis ceux du XXe, n'épargnent pas la ville, sans toutefois détruire le centre historique. Laon, proche du "Chemin des Dames" fut le quartier général de l'armée française.
C'est le patrimoine survivant de cette histoire que nous allons découvrir., étant entendu que nous ne pourrons malheureusement pas tout visiter en une journée, à moins de transformer cette balade en marathon.
Nous nous garons près de la porte d'Ardon (XIIIe) puis longeons les fortifications avant d'entrer dans les murs.
Nous partons un plan à la main, avec pour but de ne pas rater les principaux monuments. La cathédrale est facile à trouver, ses tours dominent la ville, mais il y a bien d'autres édifices sur notre route. Ainsi, nous rencontrons plusieurs refuges qui permettaient aux moines par temps de troubles, de trouver un lieu sûr, à l'abri des murs de la ville.
Souvent, nous n'en voyons qu'un portail ou n'en apercevons les bâtiments que par-dessus un mur, peut-être certains ouvrent-ils leur jardin à la visite, pendant les "journées du patrimoine" ? Il nous faudra creuser la question.
Le Petit Val Saint-Pierre ancien refuge de l'abbaye du Val Saint-Pierre (XVIIe)
Le Petit Cuissy Ancien refuge de l'abbaye de Cuissy - ordre de Prémontré - (XVIIIe)
Ancien hôtel de chanoines (XIIe, XIIIe et XVIe)
Nichée au milieu du jardin du musée archéologique, voici l'ancienne chapelle funéraire d'une commanderie templière (XIIe et XIVe siècle)
Voici le bâtiment qui abrite le cloître des chanoines (XIIIe)
Nous ne pourrons faire la visite complète du cloître et de la cathédrale, il y avait une répétition et l'enregistrement d'un concert classique. Cependant, nous avons tout de même pu entrer, et... profiter du concert !
Quelques images prises au moment où la musique couvrait le déclic de l'appareil photo...
Nous visitons le trésor de la cathédrale.
L'ancien Hôtel-Dieu, du XIIe, accolé à la cathédrale, abrite aujourd'hui l'office de tourisme.
A propos de ces bœufs perchés sur les tours de la cathédrale, plus que la métaphore de la création, je préfère la légende rapportée par un moine. Elle nous dit que des bœufs qui montaient les matériaux en haut de la colline se trouvèrent en difficulté. Ils furent secourus par un bœuf miraculeux qui disparut aussitôt sa bonne action accomplie.
D'autres vues de la cathédrale
Sur le parvis de la cathédrale, l'ancienne église Saint-Martin (XIIe, XIIIe).
Le palais épiscopal.
Nous nous éloignons de la cathédrale, longeons les fortifications et le palais épiscopal.
Le palais épiscopal
Les souterrains de la citadelle se visitent avec un guide, nous n'avons pas assez de temps.
La citadelle
Le Portail à deux étages (seul exemple à Laon) est celui de l'ancien hôtel de ville, achevé en 1763. Je n'ai, par contre, aucune information sur le second, situé tout près et sans doute contemporain.
L'hôtel de ville de style néo classique, construit au XIXe, prit, semble-t-il, la place de ce qui restait du Palais Royal des rois capétiens. Le conseil municipal y gagna de la place. L'histoire y perdit beaucoup.
Une annexe de l'hôtel de ville, dans une ancienne église.
Une porte du XIIIe, qui donne sur une étroite ruelle très pentue, pavée de Barnum bien disjoints, elle a eu raison de mes genoux et m'a compliqué la suite de la balade.
Voici l'ancienne abbatiale Saint-Martin, (XIIe, XIIIe et XIXe), elle a la taille d'une cathédrale.
Des bâtiments de l'abbaye sont encore visibles dans le parc de l'hôpital voisin, ils sont accessibles au public, mais, nous préférons en reporter la visite. Nous la ferons un jour où l'abbatiale sera ouverte.
Le Petit Saint-Vincent XVIe
Dans une rue adjacente, un autre refuge
Puis, l'ancien auditoire de justice de l'évêque (XVIe)
Construit au XIXe, le lavoir, abreuvoir et pédiluve pour les chevaux.
Ce dernier édifice, nous ne l'aurions probablement pas vu si nous n'avions pas rencontré un Laonnois passionné par sa ville.
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