Par Sylviemojo
Loches, petit ville d'environ sept mille habitants, est située à une cinquantaine de kilomètres au sud-est de Tours, elle est en partie perchée sur la roche et nous offre un imposant donjon et son ensemble défensif, un logis royal, une collégiale à l'architecture peu ordinaire ainsi qu'un quartier bas aux nombreux édifices Renaissance.
La ville est agréable, avec beaucoup de maisons anciennes construites en tuffeau, pierre blanche tendre de la région.
Ces premières images des bords de L'Indre ne sont pas des cartes postales, le ciel était vraiment aussi bleu. Quel contraste avec la campagne aux alentours complètement grillée, ces bords de l'Indre sont fleuris et verdoyants.
Nous sommes au pied des fortifications de la ville haute. La collégiale Saint-Ours et le logis royal nous tendent les bras, mais il nous faudra, auparavant, gravir un long escalier...
La Porte Royale est la seule porte qui permet l'accès à la ville haute. Elle date du XIIIe siècle, fut modernisée au XVe pour résister au progrès de l'artillerie. Pont-levis, fossés et canons ont disparus de nos jours.
La collégiale Je dois dire que c'est l'architecture extérieure, avec sa toiture si particulière qui m'a marquée, l'intérieur malgré quelques chapiteaux sculptés est un peu triste.
Les sculptures du portail ont gardé quelques traces de polychromie.
Quelques personnages et animaux fantastiques des chapiteaux et des stalles sculptées.
Pour finir la visite de cette collégiale, le tombeau d'Agnès Sorel puis une vue de la nef.
Agnès Sorel fut la première favorite d'un roi de France (Charles VII). A ce titre, elle fait de nombreux séjours à Loches en compagnie du roi, influente et riche, elle est une généreuse donatrice de la collégiale.
Elle meurt à Jumièges en 1450 à l'âge de vingt-huit ans. Son cœur reste à l'abbatiale de Jumièges, son corps est inhumé dans la collégiale de Loches.
Le tombeau fut successivement, déplacé dans la collégiale, profané et dispersé pendant la Révolution, reconstitué dans le logis royal au XIXe, il ne retrouve sa place dans la collégiale qu'en 2005.
Nous faisons ensuite la visite du logis royal construit au XIIIe siècle il domine la vallée de L'Indre et la ville. Il fut l'une des résidences des Valois pendant la guerre de cent ans.
Une visite qui nous déçoit un peu par le manque total d'explication sur l'histoire des lieux. Pour en avoir, il faut, soit suivre une visite guidée, avec l'impératif d'un horaire, soit acheter un ouvrage. Le document de visite se contente de numéroter les salles sur un plan, comme si nous étions assez bêtes pour nous perdre.
Une exposition sur les chevaliers est installée dans les salles. Nous y trouvons quelques beaux objets. Mais, je dois dire, que cela rend impossible la prise de photos des salles, tant elles sont encombrées de panneaux expliquant le monde de la chevalerie.
Quelques objets de l'exposition consacrée aux chevaliers. (XVe et XVIe)
L'épée est énorme et sans doute très lourde. On s'attend à ce que les armures soit taillées pour des colosses, pas du tout. Toutes les cottes de mailles et armures sont très petites et la partie qui recouvre le torse est particulièrement étroite.
Dans cette salle, dont une vue d'ensemble est impossible à prendre, eut lieu un événement important de l'histoire de France.
En 1429, Jeanne d'Arc rencontre le dauphin, ( futur Charles VII), et lui demande de se rendre à Reims pour y être sacré.
Quelques vues sur la ville, depuis la terrasse du logis. Nous verrons certains monuments de plus près, plus tard. Nous sortons et partons en direction du donjon.
Nous flânons dans des ruelles tranquilles et nous dirigeons vers la forteresse.
Le donjon, imposant, vu de l'extérieur
Nous entrons dans l'enceinte de la forteresse.
Sur la barre métallique, des fers en usage sous la IIIe république. Les prisonniers y étaient enchaînés par les chevilles.
On a aussi souvent présenté celle salle comme celle des tortures, avec cette barre qui aurait servi à entraver les prisonniers pendant la "question". L'une comme l'autre, ne sont pas très réjouissantes.
Le donjon vu depuis la terrasse d'une tour de défense
Le jardin au pied du donjon.
Le donjon à l'intérieur de l'enceinte, le logis du gouverneur.
Quelques vues de l'intérieur du donjon. Pour une fois, nous avons jeté l'éponge, nous n'avons pas fait l'ascension du donjon. Après un ou deux escaliers, j'ai préféré ménager mes genoux pour pouvoir continuer. Et puis, une grande partie des escaliers, ainsi que le parcours qui ceinture l'intérieur du donjon sont à clair-voie et G. a le vertige... Du coup, nous avons raté la pièce remarquable, un cachot peint. Je vous mets quelques liens, en fin d'article.
Les cages, cachots et autres conforts. Cette visite achevée, nous repartons nous balader en ville, direction la ville basse et les maisons Renaissance.
La Chancellerie
L'hôtel de ville et la porte Picois
L'Hôtel Nau de la seconde moitié du XVIe, charmant petit hôtel aux galeries Renaissance.
La Tour Saint-Antoine
La porte des Cordeliers date de la fin du XVe.
L'Indre en centre ville
L'ancien "moulin des bans" fut transformé en 1813 en filature de laine et manufacture de draps. En 1902, l'activité de minoterie est reprise, elle se poursuivra jusqu'en 2000.
Cette balade à Loches nous laisse encore un peu de temps pour faire une halte à Montrésor. Rendez vous dans un prochain article.
Quelques mots d'histoire, qui commence, selon les découvertes archéologiques, à l'époque gallo romaine. De grandes villas entourent Loches, qui, avec sa position fut sans doute un castrum. Pour en savoir d'avantage, il faudrait creuser sous les bâtiments existants.
Loches appartient, au Moyen Age, aux comtes d'Anjou. Ils y construisent une forteresse encore debout de nos jours.
Puis, Loches par succession et mariage devient possession de Henri II Plantagenêt et entre dans la couronne d'Angleterre. Suit une période de conflits entre l'Angleterre et la France où Loches fut souvent champs de bataille, passant d'un royaume à l'autre selon les victoires.
Après un an de siège, en 1205, Philippe Auguste remporte l'ultime bataille, Loches entre dans la couronne de France.
Les rois de France séjournent souvent à Loches, ils y pratiquent la chasse dans la forêt voisine. Le "logis royal" est construit à la Renaissance.
A partir de Louis XI, la forteresse de Loches est utilisée comme prison.
Bénéficiant de sa situation géographique, sur la route de Paris à l'Espagne, durant le XVIe et XVIIe, la ville se développe, bâtiments publiques et privés se construisent, rivalisant d'élégance et richesses architecturales.
Mais, après une crue de la Loire qui emporte le pont de Loches, en 1752, la route est déviée et passe par Tours. Loches s'endort et évite aussi les grands soulèvements de la Révolution.
La ville se réveille, en 1878, avec l'arrivée du train qui sort Loches de son isolement.
Durant la seconde guerre, elle fut en zone libre, à la frontière des deux zones.
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