Par Sylviemojo
Balades de juillet 2007, juillet 2009, 16 septembre 2012.
Remparts et poterne Garnier des Prés.
Sous ce terme général de Poterne Garnier des près, on intègre la muraille, la demeure (avec sa salle basse) qui s'y appuie, et la Poterne elle-même. C’est un ensemble monumental qui est le plus ancien de Sens, qui témoigne de l'histoire de la cité depuis l'époque gallo-romaine.
(Texte du site de la ville)
J'ajouterai à ce texte, que la construction du rempart date du IIIe siècle, qu'au XIIIe siècle, un notable construit, dans, et sur cette fortification gallo-romaine, une poterne et une maison que nous voyons en partie haute. Actuellement occupée par le service technique de la ville, la maison est ouverte aux Journées du Patrimoine.
Nous la visitons et avons, ainsi, accès à la terrasse, au niveau de l'ancien chemin de ronde de l'époque gallo-romaine. Nous profitons du point de vue sur la ville.
Sens, ville ouverte jusqu'en 276, ville fermée après 276.
Quelques mètres plus loin, une autre portion de la fortification gallo-romaine. Les gros blocs, pierres de réemploi prises dans des temples ou autres édifices détruits, témoignent de l'urgence à construire pour se protéger des premières invasions barbares. On prend les matériaux au plus près. Certains blocs sont placés debout, dévoilant ainsi l’empreinte de leurs agrafes de fixation. Ils étaient à l’origine montés au ciment (romain) et tenus entre eux par des agrafes de plomb coulé.
La Tour de la Brèche n'est, malheureusement, plus qu'une moitié de tour. Espérons que ces dernières parcelles de mur vieux de deux mille ans, soient protégées, ce sont les derniers témoins de cette époque.
Nous partons ensuite vers la cathédrale.
Les jardins du palais synodal.
Construit entre 1230 et 1240, le palais abritait l’assemblée des évêques, le synode ainsi que le tribunal ecclésiastique et sa prison
La cathédrale Saint-Etienne fut construite à partir du XIIe siècle, en remplacement d’un édifice du Xe.
" Découvrant l’édifice lors d’un passage à Sens en 1839, Victor Hugo s’attachera à décrire la grande dame de pierre « comme la religion de l’âme puissamment combinée avec la philosophie des faits ». Prouesse architecturale, Saint-Étienne de Sens est chargée d’histoire. Thomas Becket y trouva refuge de 1164 à 1170, pour échapper à la colère du roi Henry II d’Angleterre auquel il s’oppose au sujet des droits et privilèges de l’Église. De retour sur ses terres, il sera assassiné à Canterburry par les partisans du roi.
Le roi Saint-Louis y épousa Marguerite de Provence, en 1234. Bien pus tard, le Dauphin y sera inhumé en 1765. Son édification a donné naissance aux nouvelles techniques de construction que sont les croisées d’ogive et les arcs-boutants, jetant les bases de l’architecture gothique flamboyante qui seront reprises dans toute l’Europe. Elle a inspiré pour partie les travaux de Notre-Dame de Paris, de l’église Saint-Sépulcre de Jérusalem et de la cathédrale de Nicosie, à Chypre.
L’aventure de cette construction débute en l’an 1130, sous les ordres de l’archevêque Henri Sanglier. Le maître d’oeuvre Guillaume de Sens, qui participera une dizaine d’années plus tard à l’édification de la cathédrale de Canterburry en Angleterre, achèvera la construction de la cathédrale en 1168, quatre ans après sa consécration par le pape Alexandre III, alors en exil à Sens.
Cathédrale métropolitaine et primatiale, Saint-Étienne de Sens est une cathédrale catholique romaine, la première grande cathédrale de la chrétienté. Elle est même la toute première cathédrale gothique au monde. Un titre que lui dispute celle de Saint-Denis, consacrée en 1140, soit quatorze ans plus tôt. Les historiens sont toutefois formels : la basilique Saint-Denis n’était, à l’heure de sa consécration, pas encore cathédrale, et ne le deviendrait…La cathédrale imaginée par Guillaume de Sens est constituée d’un vaisseau central et de deux collatéraux. Lorsque le chantier s’achève à la fin du XIIe siècle.
En 1268, la tour sud s’effondre et détruit une grande partie de la façade occidentale qui sera reconstruite. Seul le portail central est en grande partie épargné. La grande peste et la guerre de cent ans en retardent les aménagements. Entre 1490 et 1517, un maître d’œuvre parisien important, Martin Chambiges, se voit confier la construction du grand transept de style gothique flamboyant.
Vient ensuite le temps des cardinaux. Vers 1510, Tristan de Salazar, archevêque qui fit don de la Rose du jugement dernier qui orne le croisillon sud du transept fait ériger la chapelle où il sera inhumé. La reconstruction de la tour se termine en 1532. Elle est ensuite dotée en 1534 d’un petit campanile. "
L’édifice est classé monument historique en 1840.
Natalie Favart et Pascale De Souza sens.yr@centrefrance.com
Un texte du site : http://www.lyonne.fr/sens/loisirs/art-litterature/2014/04/19/voici-l-histoire-de-la-premiere-cathedrale-gothique-au-monde_1973079.html
Quelques chapiteaux subsistent de l'époque romane, mais le style gothique domine.
Le mausolée du Dauphin
Les verrières les plus anciennes se situent dans le déambulatoire nord du chœur et datent du XIIIe siècle. On y découvre le martyre du saint archevêque de Canterbury Thomas Becket, la vie de saint Eustache, patron des chasseurs, et deux paraboles de Luc, celle du Fils Prodigue et surtout celle du Bon Samaritain. Cette dernière résume la parabole en trois épisodes qui symbolisent les trois étapes de la Chute, de la Loi et de l'Incarnation...
(Texte du site de la ville)
Nous traversons la rue principale (rue de la République) pour nous rendre rue Emile Peynot, près de la Société Archéologique de Sens.
Saint-Pierre-le-Rond l’église mystérieuse
Elle est située au cœur de la ville mais les Sénonais ignorent sa présence. Elle est inscrite au titre des monuments historiques en totalité depuis 1965 mais ne se visite plus depuis 1964. Avec ses grilles, ses vitraux, ses statues, son mobilier, ses peintures… et ses gravats, l’église Saint-Pierre-le-Rond à Sens est une somme de contradictions.
Dotée d’une richesse architecturale et historique reconnue, elle a été victime de vols et de dégradations, puis ouverte à des opérateurs de téléphonie mobile qui, depuis les années 2000, louent son clocher. Un sort qui a ému une cinquantaine d’habitants du quartier et de la commune, regroupés depuis 2014 au sein de l’association "Sauvons notre patrimoine, l'église Saint-Pierre-le-Rond". Leur objectif : tirer ce témoignage du passé, de l’oubli dans lequel il est progressivement tombé.
Le témoin de l’église ancienne
Bâtie au XIIIe siècle en une seule nef (le chœur sera ensuite reconstruit pour laisser entrer plus de luminosité et un bas-côté adjoint au côté nord au XVIe siècle), l’église Saint-Pierre-le-Rond est la seule des cinq églises intra-muros que comptait Sens à avoir résisté à la tourmente révolutionnaire. "Tandis que les autres églises étaient vendues comme bien national, Saint-Pierre-le-Rond a été rachetée par deux paroissiens qui voulaient la conserver comme église du quartier, raconte Danièle Gyssels, la présidente de l’association, conseillère départementale de Sens 1. Ils l’ont entretenue et enrichie d’œuvres d’art acquises dans les églises promises à la démolition". En 1821, l’église Saint-Pierre-le-Rond est cédée par leurs héritiers à un curé qui en fait don à la fabrique (conseil de paroissiens). La boucle est bouclée. (...)
Un texte du site du Conseil Départemental
Ne pouvant y entrer ce jour, je vous présente malgré tout quelques images du net, de l'intérieur. (Wikipedia) Comme nous l'avait dit la conservatrice de la société d'archéologie, à l'époque de notre balade, les pigeons avaient élu domicile dans la nef et leurs fientes ont fait bien du dégât.
Tout espoir n'est cependant pas perdu, la toiture a, depuis cette époque, été refaite, ainsi que toute la façade et d'autres projets sont en cours.
A côté de l'église Saint-Pierre-de-Rond, une façade collée sur l'arrière d'un bâtiment.
La façade de l'ancien Hôtel-Dieu de Sens, fondé au XIIe siècle il se trouvait en face de la cathédrale, à la place de la halle au marché d'aujourd'hui.
Cet Hôtel Dieu à son origine accueille les pèlerins, les indigents, il devient ensuite hôpital, orphelinat. Puis il change complètement de fonction et se transforme halle à la viande, au blé, aux poissons, devient commissariat de police et enfin école communale.
Au XIXe, on démantèle peu à peu les bâtiments pour construire une grande halle au marché moderne dans le style Baltard.
Une riche américaine, finance alors le déplacement et la reconstruction de la façade de l'Hôtel Dieu du XIIe, à défaut de la totalité du bâtiment. Cette façade se retrouve sur un mur borgne qu'elle recouvre, à côté de l'église Saint-Pierre-le-Rond
J'ai trouvé sur le net, des images de cet ancien édifice, avant sa destruction, puis, en cours de démantèlement.
La maison Jean-Cousin,
un nouvel espace d’exposition. Jean-Cousin n’a probablement jamais habité cette belle demeure du XVIe siècle qui porte pourtant son nom. En revanche il semblerait que la maison ait appartenu à l’un des propriétaires du fameux tableau exposé au Louvre - Eva Prima Pandora - peint par l’artiste sénonais. Outre la façade sculptée donnant sur la rue Jean-Cousin, la maison éponyme est agrémentée d’un remarquable escalier extérieur à vis – visible de la rue Jossey. La municipalité a décidé de rendre à nouveau accessible au plus grand nombre la salle du rez-de-chaussée ; elle accueille aujourd’hui des expositions.
(un texte du site la ville)
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