Par Sylviemojo
Amboise est une balade imprévue, suscitée par la vision fugace de ce château royal perché au-dessus de la Loire, lors de notre trajet vers Chenonceau.
La première photo vous transporte dans le jardin contemporain.
Longeant la Loire, nous découvrons le château qui nous surplombe, tombant sous le charme, nous décidons de le visiter.
Nous débouchons à la hauteur du château. Celui-ci est aujourd'hui de taille bien modeste mais garde fière allure.
Nous commençons la visite par la salle des gardes. Deux salles successives contrôlaient l'accès à l'étage du roi.
Voici la "Grande salle du Conseil". Cinquante à cent proches s'y réunissaient autour du roi pour traiter les affaires courantes.( Le roi "prend conseil" mais la décision finale lui appartient.) Autre fonction plus festive, cette salle était le théâtre de grands banquets et de fêtes.
Le mobilier Renaissance marque une évolution.
On préfère les tables à l'italienne (à rallonges) plutôt que des tréteaux, des sièges fixes plutôt que les Dagobert à tenailles (sièges pliants). Le buffet gothique ressemble encore à un coffre. On remarque des tapisseries (Aubusson XVe) qui isolent les murs.
De la Renaissance, peu de mobilier et d'objets nous sont parvenus, il nous est bien difficile d'imaginer le faste de la cour à cette époque.
Au fil de la visite, les terrasses nous permettent de mieux apprécier les détails architecturaux.
Elles nous offrent aussi de magnifiques points de vue sur la Loire et le jardin du château.
Nous changeons d'étage, et changeons d'époque. Le mobilier est d'époque Louis-Philippe. (Mais ce dernier n'y vint jamais) Remarquez, devant une fenêtre, le portrait sur chevalet de l’émir Abd-el-Kader, qui fut retenu 4 ans à Amboise, (1848-1852) pour s'être opposé à l'occupation française en Algérie.
Nous entrons ici dans la Tour des Minimes. Edifiée sous Charles VII, elle permettait aux cavaliers et aux équipages, de monter jusqu’aux terrasses.
Nous rejoignons les jardins où topiaires de buis, vignes, chênes verts et cyprès évoquent les paysages de Toscane sous l’œil bienveillant d'un cèdre du Liban plusieurs fois centenaire.
Nous nous approchons de l'ancienne fortification du Moyen Age dont il reste l'imposante porte des Lions et un grand pan de mur. Curieux, comme toujours, nous nous approchons et découvrons en contrebas derrière ce mur....
Le fossé creusé par les romains qui avaient construit sur ce site en hauteur, un oppidum, après que les Celtes aient, encore avant eux, choisi ce lieu pour le fortifier.
Plus loin, un point du vue sur la ville.
La tour Heurtault, une seconde tour cavalière qui débouche en centre ville.
La chapelle Saint-Hubert (XVe), comme suspendue au-dessus de la ville, abrite le tombeau de Léonard de Vinci.
Siège de la cour Royale aux XVe et XVe. Des origines jusqu'à Louis XI
Le promontoire des Châteliers constitua dès le néolithique un poste d'observation idéal à la confluence de la Loire et l'un de ses affluents l'Amasse. Ce site est dès l'âge de fer, un lieu de production artisanale et d'échanges commerciaux. La ville devint la cité principale des Turones, peuple celte qui donna son nom à la future province de la Touraine. Le site est fortifié dès cette époque. Les fortifications sont progressivement édifiées à l'aplomb du rocher. En 503, Amboise entre dans l'histoire à l'occasion de la rencontre de Clovis, Roi des Francs et Alaric, Roi des Wisigoths. Après la période troublée des invasions normandes, Amboise intègre le domaine des Comtes d'Anjou, puis celui de la maison Amboise-Chaumont. En 1214, la Touraine est investie par Philippe-Auguste, Roi de France. La famille d'Amboise-Chaumont en devient la vassale. mais en 1431, Louis d'Amboise est condamné à mort pour avoir comploté contre le favori du Roi Charles VII, La Trémouille. Louis d'Amboise, finalement gracié, doit toutefois renoncer au château d'Amboise confisqué au profit de la couronne.
Les personnages célèbres du XVIe au XIXe siècles
Si dès François 1er, la cour séjourne aussi à Fontainebleau et au Louvre, Amboise reste une demeure appréciée des souverains jusqu'à Henri II. Le séjour du monarque se fait plus rare à partir d'Henri III. La Cour quitte définitivement la Touraine pour l'Ile-de-France sous Henri IV. Dès lors, le Château d'Amboise ne constitue qu'une simple étape pour les rois Bourbons. La demeure accueille d'ailleurs à plusieurs reprises Louis XIII et Louis XIV . Son petit-fils, Philippe, duc d'Anjou, en route pour l'Espagne, y fait également étape du 11 au 13 décembre 1700 avant de monter sur le trône d'Espagne sous le nom de Philippe V .
Nicolas Fouquet, surintendant des finances disgracié, est l'hôte involontaire du Château d'Amboise. Après avoir donné une fête somptueuse en l'honneur du Roi de France en son château de Vaux-le-Vicomte, il est arrêté le 5 septembre 1661 à Nantes par le capitaine des mousquetaires, le célèbre d'Artagnan. En route pour le Fort de Pignerol (Alpes savoyardes) où il mourra le 23 mars 1680, il est interné à Amboise du 4 au 16 décembre 1661. La tradition veut qu'il ait été mis au cachot situé "au dessus de la porte d'entrée du Château". Son passage à Amboise fut l'objet du pèlerinage de Jean de La Fontaine, son ami, venu au Château en août 1663.
L'évolution du monument au XIXe. et XXe. siècles
En remontant la double rampe anciennement empruntée par les gardes à pied, le visiteur accède aux terrasses du château, face à la Chapelle Saint-Hubert. Il profite d'une vue panoramique sur le Val de Loire, les bâtiments du XVe et XVIe, les jardins plantés d'essences méditerranéennes et les deux tours cavalières aux dimensions impressionnantes. Mais le bâti actuel ne représente qu'un cinquième du "palais" construit par Charles VIII. Celui-ci connut en effet des périodes d'abandon et plusieurs phases de démolition organisée.
Les démolitions successives
1627 à 1660 Démolition des corps de logis de l'enceinte occidentale du château (entre la Chapelle Saint-Hubert et le Logis Charles VIII)
1806 à 1810 Pierre-Roger Ducos, sénateur-consul, reçoit le château pour les services rendus à l'Empereur Napoléon 1er. Compte tenu du mauvais état du château, il décide de procéder à la ruine des bâtiments les plus touchés : le Logis des Sept-vertus et les deux bâtiments le jouxtant (la conciergerie et la fabrique de boutons), la Collégiale Saint-Florentin (édifice du XIIe), la maison canoniale, les constructions adossées à l'aile Louis XII-François 1er (l'aile Henri II). Dans ce démantèlement disparaissent également l'essentiel de la décoration du château : lambris, cheminées, statuaire, peinture, ferronnerie, menuiserie, etc.
Il faut attendre le XIXe et Louis Philippe, féru d'histoire, pour que la tendance s'inverse et que commencent les premières restaurations.
Extrait du site du château d'Amboise
Il faut attendre le XIXe et Louis Philippe, féru d'histoire, pour que la tendance s'inverse et que commencent les premières restaurations.
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