Au cours de cette balade, nous avons plusieurs buts, découvrir la ville de Chatillon-sur-Seine et ses nombreux édifices historiques, découvrir la Seine naissante et enfin, visiter le musé du Pays Châtillonnais où est exposé le Trésor de Vix. Une journée bien remplie nous attend !
Inutile de vous préciser que nous avons bien préparé notre itinéraire afin de ne rien rater. La ville a bien fait les choses et cela va nous faciliter la tâche. Chaque monument est orné d'une plaque, dont j'insère les textes tout au long de l'article.
Le joli petit pont de pierre date des environs de 1700, et se nomme "Pont du Pertuis au Loup". Sur la rive opposée, l'église Saint-Vornes que nous verrons plus tard.
La Seine, tout jeune fleuve dont les sources jaillissent à une soixantaine de kilomètres serpente et dessine plusieurs méandres sur le territoire de Châtillon. Elle se divise à plusieurs reprises créant ainsi des îles, mais ici, le fleuve est encore si petit et les ponts si étroits que l'on ne sent jamais sur une île.
Le Pont des Grandes Grilles et alentours.
Nous ne verrons malheureusement pas tous les ponts, ils sont dix-sept à franchir la Seine, ce serait, sans aucun doute, une très jolie balade de suivre le fleuve, mais nous manquons de temps.
"Construit sur les remparts de la ville, "le Pont des Grilles" était muni de fortes grilles en fer, mobiles, interdisant l'accès à l'intérieur des murs en cas de danger"
Cette maison Renaissance fut un temps le musée archéologique de la ville, il abrite désormais, l'office du tourisme.
Face à l'office de tourisme, l'église Saint-Nicolas, dont l'intérieur est bien sombre et triste, malgré ses hautes verrières du XVIe et ses décors peints qui se distinguent à peine.
Nous montons vers le quartier haut, traversons des ruelles bordées de maisons anciennes, certaines semblent abandonnées.
Une imposante maison du XVIe siècle
" Maison de ville - Auditoire Royal ; elle fut élevée au XVIe siècle au frais de toutes les communautés du bailliage de la Montagne.
Ancienne maison de ville et auditoire royal (tribunal) puis maison d'arrêt après la Révolution, elle abrite depuis 1945, la bibliothèque municipale. Le fond ancien, riche d'environ trente mille volumes, provient des abbayes et des couvents du Châtillonnais. "
Chapelle et couvent des Carmélites
" Chapelle des Carmélites dont l'installation remonte à 1621 à Châtillon. Le bâtiment (à la façade ornée de colonnes) construit en 1715 subit de nombreux bouleversements. Il fut transformé, sous la Révolution, en lieu de Culte de l'Etre Suprême, avant de devenir, sous l'empire, le tribunal civil.
Couvent des Carmélites ; Marie Magdeleine Duneau fonda le couvent des religieuses du mont Carmel. En 1621, une colonie de sœurs de cet ordre, établi à Dijon depuis 1609, vint en prendre possession. Les bâtiments, devenus biens nationaux à la Révolution furent cédés à la ville en échange de l'ancien Auditoire Royal (bibliothèque municipale actuelle) "
Vous ne voyez ici que la façade du Couvent des Ursulines, d'immenses bâtiments sont construits à l'arrière, mais sont inaccessibles.
" Couvent des Ursulines ; c'est Anne d'Autriche, épouse de Louis XIII, qui posa la première pierre, en 1630, de l'église de ce couvent fondé par les Ursulines de Dijon en 1619. L'empereur d'Autriche y logea en 1814, ainsi que sa fille, l'impératrice Marie Louise et le roi de Rome sur la route de l'exil.
Sécularisé au XIXe siècle, il fut transformé en maison particulière. "
Une impressionnante bâtisse toute en pierre qui, nous l'espérons, sera restaurée dans les règles de l'art, sans la dénaturer.
" La maison des Barrodeau ; édifice plus ancien de Châtillon (XIIIe siècle). Son nom viendrait d'une antique famille châtillonnaise.
Hospice des frères mineurs, accueillant les moines Cordeliers, dès la paix rendue par Henri IV en Bourgogne, en 1595, jusqu'à la restauration de leur couvent en 1645. "
Sans la plaque posée par la ville, nous serions passés, sans rien remarquer, devant cette maison assez anodine.
" Ancien jeu de paume ; la raquette sculptée dans la pierre, au-dessus du linteau de la porte est l'enseigne du jeu de paume qui se trouvait dans cette demeure. "
Une glycine s’immisce dans l'encadrement dune vieille porte, des arches de pierre, perdues au milieu d'un terrain abandonné, font penser aux ruines d'un aqueduc. Les rues sont tranquilles, la balade agréable.
Une route pentue nous mène jusqu'au cimetière, caché derrière d'anciennes fortifications. Nous y découvrons les ruines d'un château.
" Vestiges du château ; cette place forte du Duché de Bourgogne face au Comté de Champagne et au Royaume de France fut construit au XIIe et au XIVe siècle et détruite en 1598 par le roi Henri IV à la demande des Châtillonnais exaspérés par le passage continuel des armées. "
Accolée au cimetière, dominant la Seine, la belle église romane Saint-Vorles nous impose porte close. Nous sommes en automne, il nous faudra revenir en saison si nous voulons la visiter.
En redescendant vers la Seine, un raidillon nous conduit au pied d'une tour massive.
" La tour de Gisey construite au XIVe siècle. Du nom d'une importante famille du Châtillonnais, elle constituait l'angle nord-est de l'enceinte basse du château. Sa plate-forme supérieure encore crénelée offre un des panoramas les plus agréables sur les toits de Châtillon. "
Après la traversée d'un parc où se dresse un monolithe, nous retrouvons la ville moderne . Sur une place, une fontaine du XIXe.
Nous écourtons un peu la balade, l'heure tourne et il nous faut également garder des forces pour la visite du musée.
Ce musée consacré, pour grande partie, à l'exposition des découvertes archéologiques faites dans la région, est installé dans l'ancienne abbaye Notre-Dame.
Nous ne pourrons visiter l'abbatiale, en travaux et échafaudée. J'en profite pour un petit billet d'humeur. Nulle part, ni sur le site de la commune, ni sur celui de l'office du tourisme il n'est fait mention de ces travaux et des désagréments qui en découlent. je veux bien faire des kilomètres, mais pas pour des prunes ! Ce serait assez correct de prévenir quand un bâtiment est fermé ou en travaux, non ? Bon, cela fait du bien, même si les intéressés ne me liront jamais.
L'Abbaye devenue musée
" Fondée sous en 1132 sous la Règle des Chanoines d'Arrouaise, elle fut construite grâce aux libéralités des ducs de Bourgogne, de Thibault de Champagne et des évêques de Langres.
Mise à mal durant les guerres de religions et en plein déclin, elle fut restaurée à partir de 1607 et abrita une communauté de Génauvéfains (chanoines réguliers de Sainte-Geneviève) jusqu'à la Révolution.
De 1807 à 1990 y fut installé l'hôpital de Châtillon, fondé par l'abbé Guyotte. "
Je choisis de ne vous présenter ensuite que les photos des plus belles pièces de l'époque celte, dont bien entendu, le trésor de Vix. Le musée expose également une belle collection gallo romaine, une d'art sacré, une sur le Maréchal d'empire Marmont, un cabinet de curiosités etc... Vous pouvez retrouver tout cela plus en détail sur le site du musée : http://www.musee-vix.fr/
Les commentaires en italique sont ceux des fiches des vitrines ou du site du musée.
" Découverte en janvier 1953, la tombe de la Dame de Vix est la sépulture princière la plus prestigieuse de la fin du premier âge du fer (vers 500 av. J.-C.). La Dame, allongée sur un char, était parée de bijoux précieux, dont un torque en or, chef-d’œuvre d’orfèvrerie celte. A ses côtés, se trouvait le célèbre vase en bronze, d’une dimension hors du commun (hauteur : 1, 64 m) et d’une esthétique admirable. Il est l’un des témoignages les plus puissants de l’art grec. La mystérieuse Dame de Vix vous invite à un voyage de sa tombe à son palais, le long des fortifications qui défendaient sa ville jusqu’aux lointains mondes grec et étrusque. (...)"
Le char funéraire de la Dame de Vix est reconstitué dans une vitrine. Admirez les garnitures de moyeux en bronze retrouvées sur site...
Il faut bien reconnaître, que même en étant bien documentés, nous avons été saisis d'admiration et d'étonnement à la découverte de la suite, ce gigantesque cratère de bronze.
Bien sûr, il est aujourd'hui tout à fait restauré. Il était morcelé et écrasé lors de sa découverte, la première restauration fut faite avec les techniques et connaissances des années cinquante et n'aida pas à sa bonne conservation. Une seconde, toute récente, le remit presque à son état d'origine.
Je vous passe les péripéties de son installation à l'étage de ce bâtiment historique.
Voici les images de la pièce maîtresse de ce trésor archéologique enfoui, il y a deux mille cinq cents ans.
Le vase de Vix
" La femme grimaçante qui forme le décor central des anses figure la gorgone Méduse, un personnage de la mythologie grecque. La chevelure de Méduse qui, d'ordinaire est constituée de serpents s'enroulant en boucles folles est représentée par de longues tresses, encadrant une frange bouclée. Cependant, ses jambes, sous la courte tunique finement ornée d'un motif d'écailles ont la forme de deux serpents dont les têtes rampent sur l'épaule du vase.
L'expression grimaçante, figurée grâce à la langue tirée et à la bouche dévoilant largement les dents, est renforcée par les plis visibles à la racine de son nez. Son regard, exprimé par des yeux en amande largement ouverts, pétrifie quiconque le croise. Ce visage de Méduse est à la fois beau et effrayant.
Derrière la figure de Méduse, au creux des anses, s'enroulant en volutes, se cachent des appliques représentant des lions. Ils semblent escalader le col du vase, la tête élégamment tournée à l'opposé du sens de la marche, déployant dans ce mouvement, une élégante crinière.
La frise qui court tout autour du col du vase met en scène une succession de soldats grecs (les hoplites) et de chars conduits par des auriges*. Les soldats portent un équipement militaire composé de jambières, d'un casque, d'une cuirasse et d'un bouclier.
Bien que chaque applique de la frise soit différente, une impression d'unité se dégage de l'ensemble. Les pattes des chevaux sont sensiblement traitées de la même manière d'un attelage à l'autre. Au sein de chaque attelage, les têtes de plus en plus dressées, du premier au dernier rang, évoquent les différentes allures du cheval, de l'arrêt au galop.
Le couvercle du cratère est percé de trous répartis de manière à rappeler les languettes ornant le pied et l'épaule du vase. Ce type de couvercle renvoie à la nécessité de filtrer le vin avant de le consommer. Sa fonction est celle d'une passoire.
Sur le pourtour du couvercle, on note également une série de trous. Un examen à la lumière rasante, a permis de déceler les traces de la base de statuettes qui étaient, à l'origine, fixées sur le couvercle. Il semblerait qu'un défilé en ronde-bosse* doublait celui que nous trouvons sur la frise du col. Aucune de ces statuettes n'a été retrouvées dans la tombe. Ce décor parait avoir été soigneusement ôté avant l'ensevelissement du vase. Faut-il envisager la nécessité de dégager de la place afin d'y déposer le mobilier du banquet (phiale, cruches et coupes) ? Au centre du couvercle, vissée sur un piédestal conique, se dresse une statuette en bronze. Elle représente une jeune fille vêtue d'un voile et d'une tunique. La position de ses mains indique qu'elle portait deux objets , aujourd'hui disparus. Il s'agissait sans doute d'une phiale, sorte de bol pour offrir le vin aux dieux, et d'une cruche, récipient permettant de servir la boisson aux hommes. Elle est le seul vestige de la scène en ronde-bosse (...) "
* Aurige, Aurige de Delphes, statue grecque d'un conducteur de char, grandeur nature, en bronze. (définition Larousse)
* Ronde-bosse, sculpture en trois dimensions. (définition Larousse)
Les parures de la dame de Vix : torque et anneaux.
Phiales
D'autres tombes ont livré de nombreux objets.
Kylix, œnochoé.
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Musée du Pays Châtillonnais - Trésor de Vix
Découverte en janvier 1953, la tombe de la Dame de Vix est la sépulture princière la plus prestigieuse de la fin du premier âge du fer (vers 500 av. J.-C.). La Dame, allongée sur un char, éta...