Par Sylviemojo
Chateaudun se situe en Eure-et-Loir, au carrefour de trois régions, l'Orléanais, le Perche et la Beauce, elle s'est construite sur le seul point élevé de la région.
Le trajet nous parut bien monotone, en grande partie par l'A19 à travers Beauce, il n'offre pas grand chose à regarder, si ce n'est quelques canards et foulques, sur les bassins de rétention des eaux de pluie.
Heureusement, Chateaudun est beaucoup plus attrayante.
Nous voici au pied du château sur un parking à côté d'une bien jolie maison, il nous faut maintenant monter et la côte qui s'offre à nous est abrupte mais moins impressionnante que l'escalier que nous avons évité soigneusement.
Dans la cour, contraste entre l'énorme donjon et la façade Renaissance avec son magnifique escalier, notez au passage la Sainte-Chapelle à côté du donjon.
Nous pensions pouvoir suivre une visite guidée du donjon, pas de chance, en ce dimanche de novembre, il n'y en a qu'une et nous sommes arrivés trop tard. Impossible de faire la visite autrement, cela commence mal.
Nous entrons par la droite de l'aile Longueville et accédons à une terrasse qui fut créée à la suite de l'écroulement d'une partie des bâtiments.
La façade de ce côté est moins ouvragée que celle côté cour mais quelques éléments architecturaux des bâtiments disparus subsistent. Étrange impression que de visiter des ruines dans un château debout.
Depuis la terrasse qui domine la vallée du Loir, nous découvrons la ville basse et, sur notre droite, l'escalier à flanc de colline que nous avons préféré ne pas prendre en arrivant.
Puis nous prenons le bel escalier Renaissance qui nous casse les jambes, les marches sont très hautes, nous montons jusqu'en haut.... et tombons sur une pancarte "étage interdit à la visite". Pour le coup, nous ne sommes pas trop heureux, nous aurions pu économiser des forces sur le dernier étage.
Bas-reliefs et haut-reliefs se mêlent, admirez leur richesse.
Nous entrons maintenant, dans la première salle du château. D'une taille impressionnante, une chambre de tapisseries telle qu'elle pouvait exister au XVIe y a été recréée.
Douze tapisseries de Bruxelles du XVIe siècle retraçant l'histoire de Moïse sont exposées, dans la pénombre car elles obturent les fenêtres, tapisseries qui furent tissées avant même la création de la manufacture des Gobelins sous Louis XIV.
Cette salle ne présente ici qu'une petite partie de la collection du château qui se compose d'une soixantaine de pièces.
Elles sont de taille imposante 3,50 par 4,00 m.
Une collection de coffres et malles du XVIe meuble l'espace.
Deux cheminées monumentales, dans l'aile Dunois où se succèdent des pièces plus petites.
J'aime beaucoup celle que je vais vous présenter, parce qu'elle est pour moi un témoin de notre histoire.
C'est une salle de justice, une des rares encore préservées. C'est ici que se rendait la justice seigneuriale sous l'Ancien Régime.
Ironie de l'histoire, c'est le tribunal révolutionnaire, qui en 1793, faisant badigeonner le décor de l'époque, avec ses symboles royaux, permit que nous l'admirions aujourd'hui.
Les cachots, destination final pour certains après le jugement. Ils sont en sous-sol.
Pour finir la visite du château, quelques vues de l'intérieur de la Sainte-Chapelle qui n'abrite plus de sainte-relique.
Nous ne partons évidemment pas sans faire un tour de la ville.
« Maison Renaissance de 1577, domicile d'un avocat fiscal au XVIIe . Au XVIIIe, elle devint la propriété des religieux de la Madeleine pour servir de maison Abbatiale. "
Panneau ville de Chateaudun
Église abbatiale de La Madeleine construite au XIe et XIIe
« Hôtel-Dieu fondé au XIe par Yves, évêques de Chartres. La partie centrale date de 1762. Les deux ailes latérales et la chapelle sont du XIXe. En 1634, Saint-Vincent-de-Paul vint y établir les « Filles de la Charité », ordre religieux qui restera jusqu'en juillet 1976 dans cet établissement qui était l'hôpital de Chateaudun. »
panneau ville de Chateaudun
Cette place fut le théâtre de combats entre prussiens et français en 1870.
Église Saint-Valérien, XIIe,XIIIe et XVIe.
Rapide rappel historique avec la transcription du document de visite des Monuments nationaux.
« Au lendemain des invasions normandes de 910, Thibault le Tricheur, comte de Blois fait édifier une forteresse à Chateaudun. Au XIIe siècle, son descendant y ajoute un imposant donjon. En 1391, les comtés de Blois et de Dunois sont achetés par Louis d'Orléans, frère du roi de France Charles VI. Son fils en fait don à son demi-frère Jean, dit le « Bâtard d'Orléans » ou « Dunois », compagnon d'armes de Jeanne d'Arc. En 1452, celui-ci entreprend la transformation du château auquel il fait ajouter une sainte-Chapelle. Ces travaux seront poursuivis par ses descendants, les ducs de Longueville. A l'extinction de la famille Longueville en 1694, le château revient au ducs de Luynes. A demi abandonné, il accueille en 1723 les victimes d'un incendie qui a ravagé la ville. Endommagé, l'édifice voit, à la Révolution, sa chapelle saccagée et son logis transformé en caserne. Le château est de nouveau mis à mal par les Prussiens en 1870. Il est acquis par l'Etat en 1838 et restauré par l'architecte Jean Trouvelot. »
J'ai écrit les commentaires avec l'aide du document de visite du château ainsi que des panneaux de visite, dans le château et dans la ville.
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