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Blandy-les-Tours

Pour les Journées Européennes des Métiers d'Art, le château de Blandy-les-Tours reçoit une vingtaine d'artisans d'art et ouvre ses portes à la visite gratuitement.

L'exposition se tient dans la salle basse et la salle haute de l'auditoire. De nombreux métiers dans des domaines très différents y sont représentés : couture, broderie, lutherie, dorure, ébénisterie, céramique, maroquinerie, verrerie, enluminure, tapisserie, vannerie etc... Chacun expose son travail et répond aux questions du public. C'est intéressant mais, le lieu est surchauffé et exigu, nous sommes un peu entassés, dommage. Nous ne sommes que samedi, je n'ose imaginer la cohue du dimanche.

Nous décidons ensuite de faire la visite du château, histoire de faire un peu d'exercice. Elle commence par l'ascension du donjon, au sommet duquel nous découvrons un magnifique point de vue. Nous empruntons le chemin de ronde vers la tour des gardes, puis, faisons le tour presque complet et sortons par la tour des archives.

Blandy-les-Tours
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Blandy-les-Tours

Images prises tout au long de notre parcours, dans la cour, puis, sur le chemin de ronde. 

Un peu d'histoire

Les vicomtes GuillaumeII et Adam III de Melun, descendants direct d'Adam II, compagnon d'armes de Philippe Auguste à Bouvines, seraient les bâtisseurs de la première enceinte du manoir de Blandy, dès 1220. Cette enceinte primitive, encore présente au nord, suit un tracé semi-circulaire doté de quatre tours :

  • la tour carrée (tour porte),
  • une petite tour cylindrique,
  • la tour de justice,
  • une tour maîtresse carrée implantée dans l'axe de la tour-porte.

Des logis sont implantés le long de l'enceinte, à l'est. Un fossé soulignait l'ensemble.

Le comté de Melun appartient au domaine royal. Une telle place forte est donc l'expression du pouvoir royal, mais occupe aussi une position stratégique pour la surveillance d'une frontière partagée avec l'impérieux comte de Champagne.

Le château fort (XIVe-XVe siècles)

Une porte fortifiée, avec pont levis à flèches, vient renforcer l'enceinte du XIIIe siècle. Un corps de logis est construit dans la cour. Son mur arrière plonge dans le fossé initial, se substituant à l'ancienne courtine. D'autres travaux (milieu du XIVe et fin) permettent l'extension de l'enceinte et le renforcement des défenses. A partir de 1316, le vicomte de Melun s'allie aux comtes de Tancarville. De nouveaux aménagements puis, plusieurs campagnes de construction font évoluer la vieille enceinte vers le château fort que nous connaissons aujourd'hui.

De nouvelles courtines et trois grosses tours sont édifiées au sud. L'ancienne courtine, au nord, est surélevée et renforcée. Le nouveau donjon, tour maîtresse du dispositif, possède une tour d'escalier (porte et herse en place) et une tour latrines. Le sixième niveau correspond au chemin de ronde, ceinturé d'un parapet sur mâchicoulis. La tour des gardes (avec chemin de ronde ceinturé d'un parapet) et la tour des archives (avec tour latines) sont un peu moins hautes. Selon la volonté des comtes de Tancarville, Blandy est devenu un lieu de défense mais aussi de résidence, au seuil de la guerre de Cent Ans.

Le château résidentiel (XVIe- XVII siècles)

Pendant deux siècles et demi après la guerre de Cent Ans, le château appartient aux plus illustres famille du royaume : ses propriétaires sont alliés aux familles d'Orléans-Longueville, de Bourbon-Soissons, de Savoie, de Nemours.

La résidence est aménagée au goût de l'époque : galerie, jeu de paume, aménagements de confort, décoration des logis, jardin d'agrément. Mais le tracé de l'enceinte n'évolue pas de façon significative.

La Ferme des Tours (1707-1883)

Le XVIII siècle marque un tournant majeur dans l'histoire de Blandy, cristallisé autour d'un personnage, le maréchal Claude-Louis-Hector de Villars (1652-1734). Ce dernier, élevé au rang de duc en 1705 et devant acquérir des terres pour légitimer l'accès à son nouveau rang, achète à l'héritier de la duchesse de Nemours, le comté de Melun et la seigneurie de Blandy. 

Son nouveau titre est alors attaché aux terres de Vaux-le-Vicomte, dont il acquiert le château la même année. Dès 1707, le Maréchal transforme le château de Blandy en une simple ferme agricole. De nombreux bâtiments intérieurs sont modifiés ou simplement détruits pour satisfaire à cette nouvelle fonction. Aussi, il fait retirer les toitures des tours du château, éventrer la porte d'entrée et combler le fossé. 

L'édifice sera petit à petit abandonné et ses fortes détériorations vont le conduire dans un état de ruine avancée. Néanmoins, ce changement radical de fonction a permis de sauvegarder l'édifice pendant l'épisode révolutionnaire. A l'inverse de nombreux biens aristocratiques, le château n'est pas vendu comme bien national et démantelé tant sa silhouette et sa vocation sont dépourvus de tout signe de féodalité.

De la ruine au monument historique (1883 à aujourd'hui)

Au milieu du XIXe siècle, les ruines du château suscitent l'intérêt des érudits locaux. En 1883, le comte de Choiseul-Praslin accepte de vendre le château à la commune. Six ans plus tard, il est classé au titre des Monuments historiques. Mais le château atteint très rapidement un état de ruine critique. Ce n'est qu'en 1986, qu'un projet de restauration est élaboré.

Son rachat au franc symbolique, par le Conseil Départemental de Seine-et-Marne, en 1992, va permettre sa concrétisation menée par Jacques Moulin, architecte en chef, des Monuments historiques.

"De manière à respecter les principales étapes historiques du monument, le projet de restauration rassemblait plusieurs objectifs différents. Le premier d'entre eux consistait à dégager et à remettre en état les structures médiévales de l'enceinte dont beaucoup restaient incertaines (...) Cependant, pour ne pas réduire le château à des dispositions médiévales (...) les toitures des tours et les fossés ont été restitués dans l'état où ils pouvaient l'être, fin du XVIe siècle. (...) En dernier lieu, les parapets du chemin de ronde qui n'étaient pas connus avec exactitude ont été conservés dans un état semi-ruiné, rappelant le souvenir des 250 ans d'abandon que le château avait connus."

Jacques Moulin, architecte en chef des Monuments historiques.

Un texte extrait de http://www.chateau-blandy.fr/histoire

Blandy-les-Tours
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Quelques objets, trouvés au cours des fouilles des latrines, sont exposés : clefs, trois pichets du XIIIe et XIVe, gourde en grès du Beauvaisien (XVe-XVIe), il y avait aussi des objets en verre, ou en faïence de Nevers (tous incomplets ou fragmentés).

Blandy-les-Tours

L'église gothique Saint-Maurice (XIIIe - XVIe), à l'extérieur de l'enceinte.

L'église Saint-Maurice est attestée dans les textes dès 1216, mais un lieu de culte plus ancien existe vraisemblablement auparavant comme centre de la nécropole mérovingienne. Des éléments de sarcophages sont d'ailleurs encore visibles dans la voussure de la porte obstruée, face au château. Le clocher massif à quatre pignons, courant en Brie, est l'un des éléments les plus anciens de l'édifice. La nef gothique, à trois travées, est flanquée d'un unique bas-côté, dont elle est séparée par des piliers de style et d'époque différents. Le chœur, beaucoup plus élevé, et pourvu de baies gothiques, est reconstruit au XVIe siècle lors de l'agrandissement de l'édifice. Ces travaux sont financés par la marquise Jacqueline de Rothelin, veuve de François d'Orléans Longueville, seigneur de Blandy. Plusieurs pierres tombales des XVIIe et XVIIIe siècle subsistent dans le chœur et à l'entrée de l'église. D'autres sont fixées aux murs. Quelques-unes, réemployées comme rez-de-marches, ne sont plus identifiables. Les chapelles et le chœur comportent un ensemble de boiseries de chêne du XVIIIe siècle récemment classé. Quelques stalles ornées de sculptures sont par ailleurs encore visibles, ainsi qu'une curieuse stalle fermée appelée « bergerie ». La chaire, en bois, est datée de 1772. Des toiles du XVIIIe, dont certaines sont classées, ornent les chapelles latérales : une Guérison de Tobie aveugle, une Annonciation et une Leçon de musique. Décrochées lors d'une restauration, elles révèlent des fresques des XVe et XVIe siècles, très dégradées, qu'elles cachaient jusqu'alors.

Extrait de http://fr.topic-topos.com:eglise-saint-maurice-blandy-les-tours

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