Par Sylviemojo
Septembre est sans doute le mois idéal, quand il fait beau, pour visiter les parcs animaliers. Les vacances sont finies, ne se baladent que les retraités ou les jeunes couples avec de très jeunes enfants, un public reposant.
Vous vous demandez sans doute, à quel animal appartient cette face blanche étrange qui illustre cet article ? Il s'agit d'un mâle Saki, petit singe très discret que l'on ne voit souvent que furtivement. Ici, il est juché au-dessus d'une gamelle suspendue dans un arbre. Il se sert et mange, sans quitter son poste, ce qui nous permet de l'observer tout à loisir.
Pour commencer notre visite, nous ne suivons pas le circuit habituel, nous bifurquons rapidement et rejoignons un enclos que nous faisons habituellement en fin de visite. Nous avions fait chou blanc au mois de mars, cette fois, pour être sûr de voir tous les animaux de cet immense enclos, nous y passons deux fois, Est-ce que notre tactique sera couronnée de succès ?
A l'entrée, voici l'enclos des girafes et des zèbres. Une des girafes se livre à une petite acrobatie pour s'offrir le délice d'une branche de bambou, les zèbres recherchent l'ombre.
Les Tortues Léopard semblent apprécier cette journée estivale et sont bien actives. Certaines broutent l'herbe de l'enclos. Pas besoin de tondre, elles sont très efficaces. Ces reptiles vivent en régions de savane, de l’Éthiopie à l'Afrique du sud. Dans la nature, certains sujets peuvent peser jusqu'à soixante kilos, ici, elles sont bien plus petites, sans doute de jeunes sujets.
Une des loutres géantes est fidèle au poste, dans sa barque au bord de l'eau. L'autre, plonge et nage, réclamant bruyamment l'attention de quiconque passe devant l'enclos. Un petit creux sans doute car en fin de journée, nous repassons devant un enclos silencieux, à l'heure du repas.
Toujours en retrait du public, voici un loup à crinière. Originaire d'Amérique du sud, ce canidé est "perché" sur de très longues pattes, imaginez qu'il peut faire quatre vingt dix centimètres au garrot.
Nous arrivons à la vallée des Rhinocéros. Lors de notre dernière visite, nous n'y avions vu que les pintades. D'emblée, nous apercevons deux silhouettes couchées à l'ombre des parois de falun, une des femelles Rhinocéros noir et son petit né en mars. Nous voyons également les Gazelles de Mhorr. Un autre rhinocéros adulte fait une apparition, le troisième reste invisible.
Ces deux espèces sont en danger critique d'extinction.
Le rhinocéros noir, est tué pour sa corne... Il ne reste que trois mille individus dans la nature. Les efforts des programmes de protection ont aidé à augmenter l'effectif de quelques centaines de rhinocéros, mais rien n'est encore gagné. Les zoos européens s'engagent à faire partir les jeunes qui naissent chez eux, pour les réintroduire dans des réserves protégées, en Afrique. La petite Kinna, née en mars 2022, partira dans deux ans sur la terre de ses ancêtres. Un jour, sa descendance arpentera librement la savane africaine.
La Gazelle de Mhorr est la plus grande, mais aussi la plus menacée des gazelles. Il ne reste que quelques centaines d'individus à l'état sauvage. Chassée pour sa viande, ne trouvant plus de quoi se nourrir à cause des sècheresses successives et de la forte concurrence de la pâture des troupeaux, inexorablement, sa population décline. Seul un programme d'élevage et une réintroduction dans des sanctuaires protégés pourra sauver cette élégante Gazelle. Au Bioparc, les naissances se succèdent, vous reconnaitrez les jeunes facilement, ils ne portent pas encore les jolies cornes des adultes.
Nous reprenons le cours normal de la visite et entrons dans le sanctuaire des Okapis. Monsieur et Madame sont ensemble, ils sont calmes, quand seront-ils d'humeur à faire un petit ?
Dans ce sanctuaire, vivent de nombreux oiseaux d'Afrique qui ont la possibilité de voler, ce qui n'est pas si courant dans les zoos. Nous reconnaissons :
A noter qu'il y a beaucoup de juvéniles qui n'ont pas encore la livrée des adultes.
Nous retrouvons ici la Panthère de Java qui semble ne pas être descendue de son perchoir depuis notre dernière visite. 😉 Depuis le mois de mars, les feuilles ont poussé, ce qui la rend quasi invisible, si l'on ne sait pas où chercher.
Pour une fois, il y a du mouvement chez les Pandas roux, un soigneur est dans l'enclos et apporte des branchages. Malheureusement, ce déplacement se fait tout en guettant l'intrus, ce qui fait que nous avons une magnifique vue du Panda de dos ! Il y a du progrès, d'habitude, ils sont roulés en boule au sommet des arbres.
Nous entrons ensuite dans la volière sud américaine, le royaume des oiseaux, et en particulier de dizaines de perroquets, qui ont un hectare pour se dérouiller les ailes.
En mars, nous avions trouvé la volière bien vide. Les jeunes de l'an passé étaient partis en nombre dans d'autres parcs, les parents étaient au nids, nous étions restés sur notre faim. En septembre, la plupart des jeunes sont sortis des nids, c'est animé. Malgré tout, nous trouvons qu'il y a moins de grands aras.
En photos, voici les perroquets, pélicans, manchots, spatules roses, ibis, les nombreux flamands, et les Sarcelles de la Puna au bec et pattes d'un joli turquoise (origine lacs des Andes) mais il y a beaucoup d'autres oiseaux.
De surface plus modeste, mais suffisante pour voler, la volière européenne a vu les Grues demoiselle élever avec succès une belle couvée. Les jeunes sont plus gris, ils n'ont pas encore de noir sur la tête. Remarquez en arrière-plan les Ibis falcinelle (plumage noir et bec rouge)
Restons avec les oiseaux, une taille au-dessus, nous assistons au repas des vautours fauves (long cou blanc et collerette de duvet) et des vautours moines (plumage plus marron foncé).
En passant devant les hauteurs de l'enclos des Okapis, perché à la hauteur des cimes des arbres, un Cercopithèque à tête de hibou nous observe. Il est timide et ne se laisse pas approcher. Nous restons en retrait pour le laisser s'avancer et le prendre tranquillement en photo. Certains sont moins subtils et le font s'éloigner.
Les Varis à ceinture blanche, endémique de Madagascar sont hélas aussi en danger d'extinction (comme la majorité des espèces présentées au Bioparc). Ils vivent sur une petite île et ne manquent de rien, cela ne les empêche pas de faire beaucoup de bruit lorsqu'ils revendiquent leur territoire et s'intimident en poussant des cris qui s'entendent à l'autre bout du parc.
Et voici leur voisins, sur d'autres îles,
Chez les Hippopotames pygmées, l'un d'eux pique un roupillon dans une flaque d'eau, de temps en temps, il prend une respiration, puis replonge.
Le bassin des Tortues des Seychelles est en eau. Il y a des amateurs.
Pour le second arrêt à la vallée des rhinocéros, nous avons plus de chance. La Rhinocéros Tisa et sa petite Kinna ont achevé leur sieste, un troisième rhinocéros est toujours bien visible ainsi que les gazelles.
Nous restons un long moment, puis nous pressons le pas. Nulle ombre dans le secteur, nous cuisons.
Les Suricates restent à l'ombre. Il fait chaud.
Dans les deux enclos voisins, on attend, on s'impatiente. Nous arrivons juste à temps pour assister au nourrissage.
C'est jour de jeûne pour les guépards, (pour leur santé, il faut respecter cette alternance), la soigneuse essaie de les faire courir derrière un leurre. Il y a quelques démarrages fulgurants, puis ils se désintéressent.
Les lions, dont c'est jour de bombance, se précipitent lors de l'arrivée de la viande qui tombe d'une tyrolienne. Le mâle emporte son trophée, le plus gros morceau, loin des femelles. Nous ne le reverrons plus. Les femelles se précipitent chacune sur un morceau. La petite lionne a bien grandi, elle est presque aussi grande que sa mère.
Quel dommage que je n'ai pas le son, pour vous faire profiter de tous ces chants qui nous accueillent en entrant dans la volière africaine. En images, voici une petite partie de ses habitants :
Nous cherchons en vain les Damans des rochers que nous avions aperçu en mars, ils ont eu des petits.
Voici nos préférées, les Panthères des neiges. Nous en voyons trois, l'une d'elles rentre en loge.
Pas plus haut qu'un brin d'herbe, c'est le Souslik d'Europe, petit écureuil terrestre. Sa population a bien augmenté.
Les Ours à lunettes nous font face, ils sont trois. Originaires des Andes, ils sont d'agiles grimpeurs. L'un d'eux nous fait une démonstration d'équilibriste sur poutre.
Avec eux, vit un groupe de singes Saïmiris qui ne semblent pas du tout impressionnés par les ours.
En Amérique du sud, l'Attelle marimonda vit dans les forêts tropicales d'altitude. Sa queue est préhensible et lui sert de cinquième main.
Une femelle se nourrit de feuilles, si vous observez bien la seconde image, vous pouvez distinguer une petite main qui dépasse sous son ventre...
Et voici notre Saki, petite vedette de notre tête d'article. Un second individu se tient en retrait, fait un passage éclair pour se servir, mais retourne manger à l'abri de la végétation. Son habitat est la forêt tropicale d'Amérique du sud (Guyane, Suriname, Brésil, Venezuela) où il est chassé pour sa viande et sa fourrure.
Sur la même île, vivent des singes encore plus petits (600 à 800 g), des Tamarins lions dorés. Il y en a plusieurs, mais nous ne les voyons pas suffisamment bien pour les prendre en photos.
Nous en avons déjà vu dans plusieurs parcs, mais chaque fois, ils restent perdus dans la végétation et les images ne sont pas publiables, dommage, ils sont pourtant bien jolis.
C'est ici que se termine notre balade au Bioparc.
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